Comment améliorer la cellule Alex ?

Le 27 mars, le CAS (Comité d’Action Syndicale) a organisé une Assemblée Générale. Cette dernière avait pour but de réfléchir à différents moyens d'améliorer la Cellule Alex, jugée peu efficace.

Depuis 2018, la cellule Alex existe à l’UCA. Cette cellule a pour but d’écouter et d’accompagner les étudiants victimes de VSS (Violences sexistes et sexuelles). Une bonne initiative, qui ne porterait pourtant pas ses fruits et présenterait de nombreuses failles. C’est ce qu’affirme depuis plusieurs mois le CAS (Comité d’Action Syndicale), qui mène une campagne pour l’amélioration de la cellule. Sur leur page Instagram, ils écrivent notamment “les délais de traitement des dossiers sont souvent trop longs, exposant les victimes à une cohabitation prolongée avec leurs agresseurs.” “L’absence de véritables sanctions contre certains auteurs de violences (notamment lorsqu’ils occupent des postes de pouvoir) remet en question l’efficacité du dispositif.« 

C’est pourquoi le 27 mars, ils ont organisé une Assemblée Générale à la fac Gergovia, afin de discuter, avec les étudiants, des différents leviers de perfectionnement. N’importe qui était convié, afin d’apporter différentes idées, problématiques et solutions au CAS.L’assemblée commence, et l’une des 3 membres du CAS, dirigeant la rencontre, précise : « On n’est pas du tout contre la cellule Alex, on cherche juste à l’améliorer ».

Informer et sensibiliser

« Parmi les personnes présentes ici, qui a eu une intervention en amphithéâtre pour sensibiliser contre les VSS ?” À cette question du CAS, seulement deux personnes lèvent la main, sur la trentaine de personnes présentes dans la salle. « On devrait en avoir une par an au minimum. Mais aussi avec des plus petits groupes. Pour l’instant c’est en amphi devant 100 personnes, c’est trop ! » Estime le CAS. Selon eux, il existe une majorité d’étudiants qui ne connaît même pas l’existence de la cellule Alex, surtout en dehors de la fac de Gergovie.

« Il ne faut pas oublier de sensibiliser les profs aussi ! » Signale un étudiant présent dans la salle. Il rappelle que ceux-ci peuvent aussi être des agresseurs. Leur formation est donc essentielle. « En plus, il peut y avoir du copinage entre profs, qui ne se signalent pas pour se protéger. Il faut à tout prix éviter ça ! »

Plus de moyens

Une autre façon de faire connaître la cellule Alex serait de débloquer un local spécialement pour elle. « Créer un local ça rendrait la cellule beaucoup plus concrète » L’idée séduit la grande majorité des étudiants, dont une faisant elle-même partie de la cellule Alex. « Actuellement pour accueillir et écouter les victimes, on se rend dans une salle aléatoire. Tout le monde trouve ça hyper pénible ! » décrit-elle. « Le problème c’est que la cellule Alex n’a aucun moyen, ce n’est que du bénévolat. Il faudrait débloquer un budget ! »

Mettre de l’argent dans la cellule Alex pourrait permettre beaucoup de choses ! C’est ce qu’affirme un autre étudiant à sa suite : « On pourrait employer quelqu’un qui travaillerait à temps plein pour la cellule Alex. Car actuellement, ce n’est même pas la mission principale de ceux qui la gèrent.”

Sanctions

Actuellement, la cellule Alex ne peut pas lancer d’enquête par elle-même. Seul le service juridique en a le pouvoir. Alors, très peu d’enquêtes sont ouvertes, et elles se terminent souvent en non lieu par manque de preuves.

Pour le CAS, il faut « rendre les enquêtes sur les VSS systématiques pour qu’elles ne dépendent plus de la décision du président de l’UCA » écrivent-ils sur leur pétition en ligne. Lors de cette assemblée, le CAS souhaite aussi réfléchir aux sanctions raisonnables. « Si on se contente de virer un agresseur de l’université, il va juste agresser ailleurs ! » L’enjeu pour le CAS est donc de protéger les victimes tout en réhabilitant les agresseurs. Pour cela, ils préconisent des mesures d’éloignement, et des suivis psychologiques des deux parties, tout au long de la scolarité.

« On va adresser tout ce qu’on a vu aujourd’hui à la cellule Alex, et on va tenter d’obtenir un rendez-vous avec le président. On pourra organiser une deuxième assemblée générale pour vous tenir au courant après cela. On espère qu’on va aller jusqu’au bout ! » Concluent les trois membres du CAS.

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