Nous avons appris hier qu’un marché allait être mis en place, sur l’esplanade de l’ancien Auchan du quartier Croix-Neyrat de Clermont-Ferrand.
Nous en sommes ravi.e.s à plusieurs titres :
Nous avons couvert les différents mouvements liés à la disparition de l’emploi quant à la fermeture du supermarché. Mais, très vite, nous avons pris un certain recul quant à ce combat.
Si nous étions du côté des travailleurs et travailleuses, nous ne voulions pas défendre une société qui supplie la famille Mulliez de rester.
Nous pensons que les supermarchés ne peuvent et ne doivent pas être le dernier lieu de sociabilisation d’un quartier. Partout, nous entendions ces mots. Auchan était devenu un endroit de rendez-vous où les gens se croisaient à travers les rayons.
Cela nous a impactés de penser que nous n’avions rien de mieux à offrir aux habitant.e.s.
Et nous n’avons pas voulu défendre ce genre de société.
Nous pouvons vivre sans Mulliez. Nous pouvons reconstruire des quartiers loin des supermarchés et des milliardaires qui paient leurs salarié.e.s au SMIC.
Aussi, à Mediacoop, nous n’avons pas écrit d’articles, en dehors du combat des emloyé.e.s.
Et nous sommes allé.e.s nous balader dans ce quartier. Très vite, les gens nous ont parlé de leur désir d’obtenir un marché, avec des produits de qualité et pas très chers. D’ailleurs, une habitante nous avait appris qu’ils en parlaient depuis longtemps mais Auchan avait mis son véto, parlant de concurrence déloyale. Alors, le projet n’avait pas pu aboutir.
Hier, nous avons appris, au détour d’une publication Facebook que tous les jeudis désormais, il y aurait un marché.
C’est encore, évidemment, insuffisant.
Mais, nous espérons que ce quartier sera novateur et prouvera que l’on peut vivre sans supermarché, en implantant des petits commerces de qualité. Ce quartier montrera aussi que d’autres métiers sont possibles, et que nous n’avons pas besoin de milliardaires pour nous offrir un poste.
Pour ces raisons, et parce que nous croyons que le marché, les petits commerces, les associations peuvent être de véritables lieux de sociabilisation, nous ne pouvons qu’être heureux, d’apprendre que le quartier se relève du départ des Mulliez.
Mieux, le quartier va revivre, fort de cette perte collective. Et se reconstruire.

L’effort n’est pas suffisant. Un marché par semaine, un jeudi matin, c’est trop peu.
Mais nous parions sur le fait que ce quartier se réinventera. Parce qu’on survit à la disparition d’un supermarché. Parce que d’aucun n’est indispensable. Tant qu’il reste la solidarité et la convivialité.
Le quartier n’a pas détruit Auchan, à force de délinquance.
C’est Auchan qui détruisait l’image de ce quartier vivant, en dehors de la grosse succursale.
Il va reprendre sa place, son espace, et ce jeudi matin, gageons qu’il sera plein de sourires.
Auchan ne doit pas manquer, il n’est pas indispensable, il n’est pas à regretter. Ce serait lui donner une importance qui n’a pas lieu d’être.
Vivons, libérés de cette forme mortifère de la société de consommation.
Et bravo au quartier !