Quasi tous les petits laboratoires ont fini par être rachetés par de grosses entreprises. Gen-Bio détient une bonne partie des structures sur 6 départements : Puy-de-Dôme, Allier, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Cher.
Gen-bio est actuellement détenu par Inovie, un groupe présent sur une dizaine de régions en France, avec un bénéfice net en 2024 de plus de 46 millions d’euros. La mutualisation a permis de réduire massivement les coûts puisque les laboratoires envoient leurs prélèvement à un plateau technique central. Avant, chaque laboratoire avait ses propres machines.
En face de cette structure française, résiste Synlab, un des leaders européens du diagnostic médical. Né d’une fusion entre 2 entreprises, le groupe sous sa forme moderne est né en 2015, et son siège social est actuellement à Munich, en Allemagne. Le groupe s’est développé en rachetant des laboratoires locaux et régionaux, dans plus de 30 pays. Le groupe embauche plus de 28 mille personnes dans le monde. L’exercice 2023 montrait un bénéfice de 91 millions d’euros et même de 150 millions en 2022. Mais depuis 2024, le fonds d’investissement Cinven a racheté la majorité des parts du groupe et a entamé une procédure de retrait de la cote en bourse. Synlab n’a donc plus l’obligation de publier ses résultats de façon détaillée.
Les salariés pointent alors une charge de travail importante notamment pour les techniciens qui travaillent sur les plateaux techniques, devenus centraux. Mais pas seulement. Au regard des profits exceptionnels réalisés pendant la crise sanitaire, les grévistes déplorent que les bénéfices aient surtout été versés aux actionnaires. « Nous avons eu 170 euros d’intéressement, cette année. » Explique Delphine, représentante CGT. « Nous réclamons une hausse de salaire de 15%, car les 3/4 des salariés sont aujourd’hui au SMIC! »
Depuis l’arrivée des plateaux techniques centraux, les employés traitent des volumes d’échantillons massifs. « Notre métier a perdu de son sens. Nous pratiquons un travail à la chaîne où le temps par dossier est chronométré. » Explique un laborantin.
De plus, les employés dénoncent le non remplacement de leurs collègues qui partent à la retraite. « Depuis 2024, nous avons perdu 200 postes sur les 580 salariés de Gen-Bio. »
Enfin, des petites laboratoires de proximité réduisent leurs horaires car ne parviennent pas à entrer dans les demandes de rentabilité des groupes. « C’est une véritable inquiétude pour les salariés mais aussi pour les patients quant à l’accès aux soins. » Constatent les grévistes qui concluent : « Le patient est devenu un numéro qui représente un gain potentiel. Et nous, les salariés sommes de simples variables d’ajustement pour le profit de patrons que l’on ne connaît même pas. »
Des négociations nationales devraient avoir lieu dans les jours à venir.