Il faut remonter à 2018 et se remémorer le plan universitaire présenté par le premier ministre de l’époque, Edouard Philippe. Il avait dévoilé « Bienvenue en France » qui impactait fortement les frais d’inscriptions des étudiants « extra-communautaires ». Entendez par là, des élèves venant de pays en dehors de la zone Euro et des Etat-Unis. La France exigeait alors des frais 15 fois supérieurs à ceux des étudiants français. Dès 2019, les universités comptabilisaient une forte diminution des inscriptions des étudiants africains. A cette époque, peu de facs appliquaient cette réforme.
Aujourd’hui, le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste veut faire passer un décret afin de rendre effective une application automatique dans toutes les universités. Un décret décrié….
Un décret décrié
Le président de l’Université d’Auvergne indique ainsi à nos confrères de L’Etudiant, qu’il s’agirait « d’une faute politique, académique et territoriale (…) réduisant notre capacité à accueillir des talents. » Chaque année, l’université Clermont Auvergne reçoit 5000 étudiants étrangers, dont les 2/3 arrivent des pays d’Afrique ou du Moyen-Orient, des territoires où le revenu annuel médian correspond à des frais d’inscription de 3000 ou 4000 euros désormais exigés.
Suppression des APL
D’autres voix s’élèvent contre ce décret permettant la mise en place des frais d’inscription dès la rentrée de septembre 2026. Surtout que dès juillet, l’arrêt des APL pour les étudiants étrangers qui ont moins de 2 ans de résidence sur le territoire. sera acté. C’est ainsi en moyenne 165 euros mensuels de moins pour ces jeunes.
Pour le syndicat l’Union Etudiante, « cette réforme est juste raciste. Nous sommes étudiant.es, peu importe notre pays d’origine. » Accompagnée de la Fédération Syndicale Etudiante, l’UE appelle à un rassemblement demain, jeudi à 13H devant l’université Gergovia de Clermont-Ferrand. Les syndicats professionnels sont appelés à rejoindre la mobilisation.
Rassemblement à 13H devant l’université Gergovia
De plus, ce décret permettrait de prioriser pour les étudiants étrangers les filières « porteuses » : santé, numérique, énergie, espace, alimentation. « Une aberration » pour un enseignant-chercheur qui dénonce une vision « utilitariste » des étudiants étrangers, confirmant la discrimination de la réforme. Il est vrai qu’en 2023, le gouvernement avait même suspendu les mobilités étudiantes pour le Niger, le Mali et le Burkina, pays alors sous tension, ayant peur de « potentiels immigrés ».
Pour le ministre de l’enseignement supérieur, la réforme permettrait 250 millions d’euros d’économie sur deux ou trois ans.
