Expulsion d’une famille malgré la mobilisation : les associations réagissent

Ils vivaient en France. Y étudiaient aussi. Les deux dernières semaines n’ont pas eu un goût de vacances pour les trois jeunes enfants qui ont été renvoyés au Kosovo avec leurs parents, le 17 avril dernier. Pour dénoncer ces arrestations et expulsions, Réseau Education Sans Frontières (RESF) et de nombreux acteurs de la protection des Droits de l’Homme se sont rassemblés hier devant la préfecture.

 

Vendredi vers 18h, de nombreux militants se sont réunis devant les portes de la préfecture à l’appel du Réseau Education Sans Frontières. La Ligue des Droits de l’Homme (LDH),  Droit Au Logement (DAL) ou la Cimade étaient aussi présents pour exprimer leur colère face au non-respect des droits des exilés.

Le 17 avril, une famille de cinq personnes a été délogée et conduite directement à l’aéroport d’Aulnat. Les trois enfants de deux, quatre et huit ans ont été emmenés à quatre heures du matin avec leurs parents sans même avoir le temps de rassembler leurs affaires. La mobilisation de l’école Nestor Perret où les deux plus grands étaient scolarisés n’a pas suffi.

C’est Martine, militante de RESF qui explique la situation à la foule qui encercle les marches de la préfecture. Celle-ci précise que d’autres expulsions vont sûrement avoir lieu et qu’une autre famille a reçu pour la troisième fois, une assignation à résidence, symbole de privation des droits fondamentaux.

Si les militants sont là pour dénoncer l’expulsion de cette famille, le message porté est bien plus général et alarmant. Les conditions dans lesquelles les sans-papiers sont reçus par la préfecture sont pointées du doigt. Comme nous l’évoquions en dans un article en avril dernier, la prise en charge des mineurs isolés est une catastrophe. « Quatre-vingt-dix jeunes sont actuellement à la rue. Tous les militants qui souhaitent accueillir et venir en aide à des personnes ou à des familles sont bienvenus », rappelle Martine.

 « Un toit, une école, des papiers pour tous » ou « Sans papiers expulsés, sans papiers assassinés », ces mots repris comme un refrain résument l’objectif du rassemblement et la volonté claire d’une régularisation de tous les sans-papiers. Après son discours, Martine nous confie que « depuis le 31 mars et la fin de la trêve hivernale, les problèmes se sont amplifiés. Il faut que la préfecture régularise beaucoup plus de monde, elle a le pouvoir de le faire et il y a un cruel manque de place. »

Le Collectif Citoyen 63 est actuellement en négociation avec la préfecture pour faire évoluer la situation. RESF ainsi que toutes les organisations qui défendent les droits des exilés et des individus appellent les citoyens à se mobiliser et la préfecture à réagir pour éviter des situations similaires à celles de l’été dernier (campement du 1er Mai ou de Gergovia) et que des jeunes ou des familles continuent à vivre dans la peur ou dans la misère.

 

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