Parce qu’il ne faut pas s’éteindre…

La période est compliquée. Le froid, les guerres, l'inflation, les réseaux sociaux, tout ce qui nous entoure nous donne envie de nous éteindre.

Je suis partie acheter des chaussures colorées. Dans le marasme ambiant, mettre un peu de rose, je trouvais que ça ferait du bien, à moi, et au monde.

Le gris du ciel, les cerisiers en fleur gelés et le marasme ambiant éteignaient autour de moi les petits bonheurs.

Il faut dire que 2024, c’est une année qui commence mal. 2 enterrements le même jour, la vie ne m’avait jamais fait ce coup-là. Choisir entre les morts. Mais ainsi devoir définir sa place dans ce monde. Où devais-je être ce jour-là ?

Parce que, quand le monde est moche, gris, il est un lieu d’introspection. Et cette année, la numérologie disait que ce serait mon année de changement. Alors, fin 2023, j’ai bazardé le passé, et j’ai entamé le deuil de l’autre femme que j’étais. Pour de faux. Besoin d’authenticité. De n’être qu’avec ceux que j’aime et ne plus faire semblant.

Il me fallait être désormais dans le vrai. Oui, mais qu’est-ce que la vérité ?

La question pour une journaliste est judicieuse, n’est-ce pas ? Le monde si artificiel que nous piétinons ne laisse guère le choix que de se mentir un peu. Combien sont-ils à s’accommoder d’une vie qui ne leur correspond pas ? Combien sont-ils à rêver la vie sans la vivre ?

La vérité demande du courage, de l’enquête et une certaine remise en question. Il faut être sacrément honnête pour s’apercevoir que parfois, on fait fausse route. La vérité implique des adieux, mais aussi des pardons et des retrouvailles.

La vie c’est un peu comme un grand reportage. On part toujours avec des préjugés. On finit toujours par écrire des choses auxquelles on n’avait même pas pensé. On rencontre des gens improbables, on fait des interviews qui nous mènent sur une autre piste. Il faut du temps pour tout rassembler, pour prouver, pour connaître.

Et un jour, on détient sa vérité. Par le prisme des gens rencontrés. Par notre éthique, nos valeurs et nos limites.

C’est ça le journalisme, une allégorie de la vie. Une place, une position, une vérité parmi tant d’autres.

Alors, parfois, on nous « traite » de subjectifs. Heureusement que nous le sommes, sinon, l’Intelligence Artificielle n’a plus qu’à nous remplacer.

Le journalisme doit rester humain, engagé, authentique et passionné.

Les prises de position sont elles aussi nécessaires. Ne laissons pas les manipulations et les mensonges créer ce monde déjà si imparfait.

N’ayons pas peur de pleurer devant la préfecture du Puy-de-Dôme qui laisse des enfants dormir dehors.

N’ayons pas peur de combattre le racisme ordinaire et la haine de l’autre.

N’ayons pas peur de donner la parole aux combattants du quotidien, qu’ils soient politisés ou non, syndiqués ou non, tant qu’ils sont solidaires.

N’ayons pas peur de dénoncer les injustices qui froissent le monde de tant de cruauté.

N’ayons pas peur de continuer à aller à la rencontre de nos différences. D’ouvrir nos micros aux invisibilisés de ce pays. Pauvres, enfants, malades, personnes âgés, malades psychiatriques, salariés, précarisés, étrangers, femmes…

N’ayons pas peur d’être soi dans un monde où l’uniformisation est reine, surtout dans l’information.

Alors, malgré la morosité de ce monde, Mediacoop continue de lutter pour mettre de la vérité, de la beauté et de l’humanité dans ses papiers. Le gris du ciel n’a pas gommé les couleurs de la solidarité et de tous ceux qui luttent.

Il fallait au moins une paire de baskets pour ne pas sombrer.

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