44 fermetures de classe annoncées dans le Puy-De-Dôme

La nouvelle est tombée ces jours-ci. Les écoles du département vont voir leur nombre de classes diminuer, et notamment dans les zones rurales. Les syndicats, vent debout, ont rejeté le projet et appellent à la mobilisation. Le projet rejeté devra être de nouveau examiné le 5 février.

La liste est longue. Vertaizon, Issoire, Combronde, Blanzat, Saint-Germain-Lembron….En tout, 43 communes verront des classes fermer à la rentrée prochaine. La mobilisation s’installe donc dans beaucoup de ces communes comme à Issoire ou Ambert où cet après-midi, des rassemblements ont eu lieu. A Saint-Germain Lembron, une pétition a même été mise en place pour éviter la suppression d’une classe de maternelle.

A Manglieu, petit village pittoresque auvergnat, la stupeur est là aussi palpable. « De trois classes, nous allons passer à 2 » expriment les parents d’élèves qui sont tous très investis dans la vie de leur établissement scolaire. Il faut dire qu’ils ont mis en place un système éducatif envié par tous : cantine gérée par les enfants et leurs parents, méditation pleine conscience, pédagogies alternatives. « Nous allons avoir des enfants de 4 niveaux dans une même classe, nous perdons une maîtresse et nous craignons une désertification de notre village. Car ici, l’école est un argument pour une installation. » De plus, se pose une question sécuritaire pour les deux maîtresses restantes. L’une sera dans un bâtiment pour gérer la maternelle, l’autre sera seule aussi dans un autre bâtiment pur le primaire. « Imaginez, une des maîtresses fait un malaise, les enfants seront tout seuls… » Les parents, déçus se sont réunis dimanche matin avec des banderoles devant l’école. « Nous avons envoyé le message à 21 heures samedi soir, mais les parents ont tout de suite réagi… » explique une responsable des parents d’élèves qui a aussi été signataire d’un courrier envoyé à l’académie. « Nous sommes surtout très étonnés de ce genre de décision dans cette période où on nous parle de distanciation physique constamment… » fait remarquer un père d’élève. « Mais ça devait arriver, nos enfants ne sont que des chiffres… »

A Sauxillanges, ils connaissent bien la politique du nombre : une classe va fermer pour un manque de deux élèves. Le village, réputé résistant se mobilise et a déjà mis une pétition en ligne. 300 personnes se sont réunies devant l’école, le 31 janvier dernier. Le 5 février, une opération casserole sera organisée dans le village et le 4, les parents et sympathisants bloqueront l’école. Ils protestent contre des classes surchargées et dénoncent une politique qui délaisse le monde rural. « Ils dédoublent les classes en zone urbaine, très bien, mais ils ne peuvent pas pour cela, sacrifier les zones rurales » s’insurgent les délégués parents d’élèves.

A Saint-Germain Lembron, soutenus par la mairie, les parents se mobilisent. « Dans cette période de pandémie, on doit laisser les enfants tranquilles, ils souffrent assez comme ça de cette crise » se lasse une grand-mère. Quant à Grazielle brunetti, maire de la commune, elle ne lâche pas l’affaire : « On a été reçus par le sous-préfet, on a demandé l’abandon pur et simple du projet de fermeture. Quant à leur politique du chiffre, on voit où elle a mené dans les services publics ou les hôpitaux…Alors le président de la république nous a estimés comme des acteurs de proximité, c’est donc bien nous qui savons la réalité et les besoins de nos territoires, laissez nos écoles ouvertes surtout que le président s’était engagé au congrès des maires de ne fermer aucune classe en 2021 et 2022 ! »

Ce matin, une intersyndicale tenait une conférence de presse pour avertir sur les difficultés d’enseigner durant cette période. Davy Delfour, CGT educ, et AED explique que dans son lycée, un jeune homme de 16 ans a décroché et a été diagnostiqué en Burn-out. « Mon travail consiste à l’internat à consoler ces jeunes lycéens qui pleurent tous à tour de rôle, ils s’inquiètent pour leur avenir, ils décrochent avec une semaine sur deux de distanciel, ils n’y arrivent plus, alors si en plus, on supprime des places, des postes dans l’enseignement, on court à notre perte. » Même son de cloche à Sud, FO, UNSA ou FSU qui expriment leur lassitude. « C’est déjà très compliqué de faire notre métier dans cette crise, si en plus on est de moins en moins d’enseignants pour plus d’élèves, comment cela va finir ? »

Le 5 février, la carte scolaire sera donc de nouveau débattuee, mais les évolutions positives semblent minces. Reste la mobilisation. Elle se poursuit dès demain, lors d’un rassemblement interprofessionnel, dès 11 heures devant la préfecture…

Pétition pour l’école de saint-Germain Lembron : https://www.change.org/p/rectorat-de-l-académie-de-clermont-ferrand-non-à-la-fermeture-d-une-classe-à-l-école-maternelle-de-saint-germain-lembrons?recruiter=1150768149&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=fb_send_dialog&utm_term=share_petition&use_react=false

Pétition pour la classe de Sauxillanges : https://www.change.org/p/m-le-dasen-du-puy-de-dôme-sauvons-la-classe-de-l-école-de-sauxillanges?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=psf_combo_share_initial&recruited_by_id=84adb590-6229-11eb-bb62-693e5e9e98ea&utm_content=fht-27084656-fr-fr%3A4

Nos actionnaires, c'est vous.

Aidez-nous à rester gratuit, indépendant et sans pub :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cet article vous a plu ?

Soutenez le Cactus !

Le journalisme a un coût, et le Cactus dépend de vous pour sa survie. Il suffit d’un clic pour soutenir la presse indépendante de votre région. Tous les dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66% : un don de 50€ ne vous coûte ainsi que 17€.