Les professeurs du Conservatoire aimeraient ne pas être systématiquement oubliés

Les professeurs du Conservatoire font grève le 5 juin. Ils réclament la revalorisation de la seule prime qui leur est due. Celle-là est accordée aux professeurs de l'Éducation nationale, mais pas à eux.

Ce mercredi 5 juin, les professeurs du Conservatoire ont décidé de faire grève, menés par la SAMPL-CGT, et les CGT de la métropole et de la mairie. Deux rassemblements ont été prévus, à 14h au Conservatoire Emmanuel Chabrier, et à 19h30 devant l’Opéra.

Ils réclament la revalorisation de la seule prime qui leur est due, l’ISOE (Indemnité de suivi d’orientation des élèves), prévue par l’arrêté du 19 juillet 2023. « Cette revalorisation a été mise en place pour les professeurs de l’Éducation nationale dès le 1er septembre. Mais nous les profs du Conservatoire, on nous oublie ! » explique Lionnel, délégué SAMPL-CGT. Ce dernier se montre fier de représenter le mouvement aujourd’hui, qui, il l’espère, fera réagir la mairie.

Réunis dans le hall, les professeurs créent une ambiance chaleureuse. Tous ont tous le sourire, heureux de pouvoir s’exprimer ici. Mais cela n’enlève rien à leur colère !

Métier précaire

Dès l’entrée du Conservatoire, les professeurs interceptent élèves et parents afin de transmettre leur pétition, qui la signent bien volontiers. 35 professeurs avaient cours aujourd’hui, et ils ont tous répondu à l’appel.

“Les professeurs ici ont un niveau licence, voire master. Et pourtant, un prof en début de carrière est payé 80 € de plus que le SMIC seulement. » explique Lionnel « Cette prime, c’est la seule qui nous est accordée, alors elle est très importante pour nous ! » déplore-t-il, non sans une certaine irritation

Le décret du 19 juillet a augmenté cette prime de 105 à 212  €. « On n’en demande pas beaucoup ! Ce n’est que 107 € brut en plus !. Nous aussi, nous avons le droit de toucher cette revalorisation, comme tous les professeurs !, réclame Lionnel.

D’oubliés à ignorés

De septembre à décembre, les professeurs ont bien voulu patienter pour cette revalorisation. C’est à partir de décembre qu’ils commencent à hausser la voix. “On a écrit une lettre à Olivier Bianchi, remise en main propre !” S’en suit l’évocation de leur situation au Comité social territorial. Et depuis… rien. « Apparemment le maire ne s’est pas dit contre, et a trouvé notre demande légitime. Mais en février c’était pas encore bon, on s’est dit que c’était le temps que ça se mette en place. En mars, bon, on commençait à s’impatienter. Ensuite en avril, on a essayé d’envoyer une nouvelle lettre. En mai, on s’est dit qu’il fallait se mobiliser pour se faire entendre.« , raconte Lionnel, « voilà pour toute la chronologie ! » lance-t-il

Aujourd’hui, les professeurs en ont assez et espèrent bien gagner gain de cause »En soi ils n’ont aucune obligation à appliquer nos demandes, mais bon, on espère qu’ils vont comprendre notre situation. Leur seule obligation, c’est de ne pas dépasser une certaine limite, mais bon, ça on en est loin ! » s’amuse Lionel, en repartant dans le hall rejoindre ses collègues.

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