Après 2 rassemblements, RESF, le DAL et l’UPP lancent un appel à soutien
Le premier rassemblement lundi 3 avril, à 17h30 place de Jaude, fut une réussite : quelques centaines de personnes ont manifesté leur soutien à l’appel du Réseau d’Education Sans Frontières et du Droit Au Logement 63, sous le mot d’ordre : « un toit c’est un droit ! ».
« Est-ce qu’on pense qu’il y a un droit à l’éducation qui est respecté quand parmi les élèves, certains vivent la peur au ventre, parce que leurs parents risquent d’être expulsés, et d’autres savent qu’ils vont dormir dehors? »
Après la remémoration de l’occupation de l’église des minimes en 2013, l’indifférence des autorités locales et du pouvoir face au sort des dizaines de personnes dormant dehors a été dénoncée:
« Je fais appel à votre ingéniosité, à votre générosité, à votre pouvoir de réfléchir : comment on va faire pour la suite ? Comment est-ce qu’on va loger ces familles ? »
Un coordinateur de l’UPP ( L’Université Populaire et Polyglotte « un centre culturel et un centre d’accueil pour sans abris et galériens ») a pris ensuite la parole pour exposer la situation du squatt et lancer un appel à l’aide, à la solidarité, à l’initiative et à la mobilisation :
« On ne doit pas se substituer au(x) devoir(s) de l’état »
Ensuite, une « citoyenne lambda » a pris le micro pour témoigner de son expérience, un matin, en « allant au boulot » …

« Il faut savoir qu’à la base, ça coûte beaucoup plus cher de maintenir des gens dans la précarité, que de régler le problème »
Un militant a ensuite pris la parole pour dénoncer la « volonté politique » des autorités à maintenir ces personnes dans la précarité, et démonter l’argument des moyens insuffisants utilisé pour justifier leur inaction :
« Un petit mot pour appeler au nom de 90 médecins […] pour soutenir tous les mal-logés et sans-papiers »
Enfin, un médecin s’est exprimé au nom de ses confrères, qui ont signé une pétition pour soutenir les mal-logés et sans-papiers, pour dénoncer « le silence radio » des pouvoirs publics :

La préfecture donne l’ordre au 115 de faire de la préférence nationale
Après les prises de paroles, qui ont tout de même durées une demie-heure, le rassemblement a défilé dans quelques rues de Clermont, pour atterir devant la préfecture. Aux pieds du bâtiment, RESF a appelé une énième fois le 115 afin de trouver un hébergement d’urgence pour 7 familles (étrangères) … Au téléphone la réponse est claire, les familles françaises sont logées en priorité :

Face à cette situation, les manifestants ne souhaitaient pas rester dans l’inaction et l’indifférence : une assemblée, une réunion spontanée du moins, s’est improvisée devant les marches de la préfecture.
Plusieurs personnes ont pris la parole : certains pour dénoncer la volonté politique des autorités de laisser ces personnes non-logées dans la précarité, d’autres pour lancer un mouvement d’occupation jusqu’à ce qu’une solution d’hébergement (d’urgence) soit trouvée pour ces familles.

Le cortège s’est donc déplacée à l’église des minimes, symbole de 2013, afin de l’occuper. Etant fermée, les manifestants sont restés devant cette église, pour occuper l’espace. La Police a vite déployée une vingtaine d’hommes sur place: le seul spectacle auquel ils ont pu assister est celui des manifestants et non-logés, qui, pendant qu’une équipe d’RESF était en constant contact avec la préfecture pour négocier des hébergements d’urgence, s’amusaient en musique, en chantant, en dansant …
Lundi 3 avril au soir fut une victoire, de courte durée néanmoins; car si les familles bénéficiaient d’un hébergement à l’hôtel, ce n’est que pour une semaine. C’est pourquoi le DAL, RESF et l’UPP demandent un soutien et une mobilisation qui doit être à la hauteur de la situation des familles.
Un deuxième rassemblement eut lieu mardi 4 avril. Rassemblement qui a été annulé, à cause d’une incompréhension générale concernant les lieux, dates, et heures : trop peu de personnes se sont donc mobilisées.
« Sans l’UPP, on aurait dormi dehors! »
Rappelons que le squatt de l’UPP est actuellement en procès. Nous connaîtrons le sort de cette structure autogérée accueillant des dizaines de sans-papiers (mineurs) sans toit le 4 mai.
A savoir, peut-être, que l’Université Populaire et Poplyglotte sera expulsée.
Enfin, RESF appel à venir en masse à leur réunion hebdomadaire Lundi 10 avril, à 18h, au 2ème étage du centre associatif Jean Richepin, pour organiser la mobilisation afin que ces familles bénéficient enfin d’une solution d’hébergement durable et digne.
