Greenpeace organise l’élection des boulets du climat

Greenpeace, la célèbre ONG de protection de l’environnement, organise l’élection des « boulets du climat » : en clair, il s’agit d’élire, parmi dix membres de la majorité actuellement au pouvoir, les deux qui ont le plus desservi la cause climatique. Les deux « élus » seront dévoilés début 2021, avec l’espoir que cette exposition médiatique peu flatteuse fasse réagir nos représentants …

« Ils étaient dix petits membres de la majorité, et à la fin il n’en resta que deux », aurait pu écrire Agatha Christie si elle avait été militante chez Greenpeace. Que chacun se rassure, l’organisation de protection de l’environnement ne propose pas d’assassiner ministres et députés, mais plutôt d’élire les deux pires « boulets du climat ».

Pour Greenpeace, cinq ans après la signature de l’Accord de Paris, le bilan français n’est pas satisfaisant : « les responsables politiques au pouvoir, depuis le sommet de l’État jusqu’à l’Assemblée nationale, considèrent encore trop l’écologie comme un élément purement marketing de l’action politique, sans se soucier de l’efficacité des mesures prises. » Elle déplore que « les intérêts des grands groupes industriels restent largement prioritaires pour le gouvernement et la majorité. » Alors, à l’occasion de la première édition de ce nouveau prix politique, les militants de Greenpeace se mobilisent, à Clermont-Ferrand et dans une vingtaine d’autres grandes villes, pour inciter le public à découvrir les candidats et à exprimer leur suffrage.

Derrière ces élections se trouve une idée, que l’on pourrait résumer ainsi : puisque nos dirigeants se soucient plus de leur image que du climat, alors, pour les faire réagir, faisons en sorte que les dommages qu’ils infligent à l’environnement se traduisent par des dommages à leur réputation. L’intérêt de ces élections, c’est donc non seulement d’attirer l’attention des médias autour d’un événement remarquable, mais aussi, par la même, d’informer les citoyens quant aux renoncements climatiques de leurs représentants. C’est pourquoi, sur le site internet des boulets du climats, on ne trouve pas seulement un formulaire de vote, on trouve aussi un profil détaillé de chaque candidat, avec ses fonctions, ses « pires boulettes » et ses compromissions successives.

« On va essayer de vraiment porter ces élections, ici, à Clermont, » explique Aurélie, qui milite pour la branche locale de Greenpeace. « Par le biais des réseaux sociaux, dans un premier temps. Et puis surtout, on a de nombreuses idées d’évènements à organiser dès que le contexte sanitaire nous le permettra. » Les résultats devraient être annoncés début 2021, une fois que l’ensemble des votes aura été collecté. Pour l’heure, impossible de savoir si la cérémonie de clôture pourra se dérouler dans le monde tangible, où si la pandémie la forcera à adopter une forme numérique. « Tout ce que je peux dire, c’est qu’on a prévu une surprise pour la remise du prix, » confie Aurélie.  « L’heure et à la campagne et au vote. »  

Captures d’écrans : Une élection, deux catégories, dix candidats, et autant de boulets pour le climat.

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À propos de cet article

Publié le 8 décembre 2020
Écrit par Avril Dutheil
C’est au cours de ses études à l’Université de Birmingham qu’Avril découvre son goût pour la vidéo. Il se forme au montage, au graphisme et au webdesign en autodidacte en montant son propre blog de voyage. En 2018, il passe la vitesse supérieure et organise une expédition d’un an en Asie du Sud-Est dans le but de tourner trois mini-documentaires sur des thèmes sociaux, environnementaux et économique : comment l’appétence du marché chinois pour les meubles en bois rares nourri le braconnage au Cambodge, comment le développement économique régional chamboule les modes de vies traditionnels, … Fort de cette expérience, il décide de mettre ses compétences et sa créativité au service des voix indépendantes, qui collent au réel, comme celle de Mediacoop.

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