Deux personnes entrent sur la place de la Victoire et rejoignent le rassemblement en poussant un caddie transformé en stand de fléchettes. « On amène les vilains bébés ! » À l’intérieur, on y trouve des personnalités politiques responsables du malheur des acteurs du milieu de l’art : Rachida Dati, Emmanuel Macron, Laurent Vauquiez, Jordan Bardella et Marine Lepen. « Oh non ! T’as touché Johnny ! » S’exclame un manifestant !

De plus en plus de personnes arrivent, jusqu’à atteindre une cinquantaine de personnes sur la place. Dans les airs, on reconnaît les drapeaux de la CGT spectacle et de Snap CGT (Syndicat National des Artistes Plasticiens). L’ambiance est chaleureuse et joueuse autour du stand de fléchettes, mais cela n’enlève rien à la colère des artistes. Sur leurs pancartes, on lit “No culture, no futur” entourée de dessins de flamme ; ou bien on lit “Casser la culture, nourrir le fascisme.”

“Ce n’est pas une optimisation, c’est un sabotage”
Finalement, Isabelle, du collectif « Culture en danger », prend la parole, à voix haute : « Début 2025, des gens qui n’ont rien à faire au ministère de la culture ont annoncé 150 millions de coupes budgétaires. Rachida Dati n’aime pas l’art, elle aime l’argent! » Clame-t-elle.
Ces coupes vont causer de grandes difficultés aux artistes, qui sont déjà très précaires. Les syndicats revendiquent ainsi plusieurs choses afin de les atténuer : “Nous exigeons le retrait de la réforme “plein emploi”.” Pour rappel, cette réforme demande aux bénéficiaires du RSA 15h d’activités par semaine. Cela s’apparente fortement à du travail gratuit. Pour les artistes, c’est encore pire car les activités artistiques ne sont pas reconnues par la réforme. “Nous exigeons le maintien du seuil de TVA” Actuellement à 47 700 €, celui-ci serait abaissé à 25 000 avec les coupes budgétaires. Cela mettrait en péril la majorité des milieux artistiques.“Nous exigeons une sécurité sociale complète pour les artistes. Ceux-ci doivent enfin avoir accès aux congés payés, à la médecine du travail et à la reconnaissance des accidents du travail.”
En 2025, le gouvernement cherche également à fusionner les organes audiovisuels du service public en une holding unique : « France Médias ». Tout cela pour faire des « économies ». « Ce n’est pas une optimisation, c’est un sabotage » Explique Isabelle. Cette fusion pourrait en effet détériorer la qualité de notre service public. Nous pouvons suspecter l’objectif de laisser l’art au privé, qui limiterait son accès aux plus pauvres d’entre nous. « L’art ne nous fait pas que rêver, il nous fait aussi réfléchir. Et c’est de ça qu’ils ont peur ! En détruisant notre service public, ils préparent le fascisme.”
Finalement, tous les manifestants s’allongent au sol, symbole de la mort des artistes et du service public.

