Face au ministère de la Culture, les artistes mettent la pression.

Mardi 11 mai, le collectif Culture en Danger de Clermont-Ferrand a envahi la Drac d'Auvergne-Rhône-Alpes. Le but était de mettre la pression sur les institutions durant la tenue du Conseil national des professions du spectacle (CNPS). Ce conseil recevait les ministres de la Culture et du Travail pour qu'elles répondent aux revendications des acteurs du monde culturel. Retour sur cette journée de mobilisation nationale.

Ce mardi, partout en France, des acteurs du monde culturel ont envahi diverses institutions associées au secteur culturel. Ceux de Clermont-Ferrand ont opté pour la Drac (Direction régionale des affaires culturelles). Une discussion de deux heures et demie avec le directeur adjoint, François Marie, leur a permis de lui exposer tous les problèmes économiques, sanitaires et sociaux du monde culturel.

Coup de pression à la Drac

Ils étaient 28 à entrer de force à la Drac hier. De petits groupes dispersés arrivent les uns après les autres vers la fontaine du Terrail. Ils passent par la petite porte, poussant légèrement la personne qui tentait de bloquer l’entrée. Arrivé dans une salle de réunion aux riches ornements, le collectif a pu exposer ses revendications. « Nous voulons déjà l’abrogation de la réforme de l’Assurance Chômage. On a déjà 1,2 millions de personnes à la rue, sans aides, à cause du Covid. » déclare Gaëlle, du CIP (Collectif d’intermittents précaires).

Quant aux revendications qui ne concernent que la culture, « on n’aura jamais assez de cachets en Août pour obtenir nos droits au chômage. Vu qu’on ne bosse pas depuis 1 an. On demande le renouvellement de l’année blanche jusqu’à une réelle reprise du travail pour tous. On n’aura pas assez de contrats, même à la reprise, donc il faut nous assurer une aide immédiate. » explique Sébastien de la CGT Spectacle. Pour les artistes, il faut aussi une véritable aide à l’emploi. « Personne ne doit être laissé sur le carreau. Les aides ne doivent pas aller qu’à certains projets ou établissements. Il faut connecter tout le secteur, intermittents ou non. » Une autre revendication importante concerne les artistes qui vont être en congé maternité et laissées sans aides.

Les revendications satisfaites

Face à ces demandes et un débat plus ou moins animé, le directeur adjoint a tenté de répondre aux artistes. « Nous avons un budget prévu pour les artistes et lieux qui n’étaient pas dans notre viseur. Il y a la plateforme du Spectacle Vivant pour faire des appels à projet. » explique-t-il. « Pour les congés maternité, ce n’est malheureusement pas du ressort du ministère de la Culture. La ministre soutient ces intermittentes. » Un débat de fond s’installe ensuite, sur la responsabilité de l’État et sa politique culturelle créant des clivages au sein du secteur, entre grandes compagnies et petits artistes. Un rendez-vous est fixé avec François Marie de la Drac le 28 mai, à 14h.

Au milieu de ce rapport de forces, les premières nouvelles du CNPS tombent. « La prolongation de l’année blanche est annoncée jusqu’au 31 décembre ! » clame Sébastien. Cet été, un futur décret permettra l’accès aux indemnités journalières pour les congés maternité et maladie, avec maintien des droits sans conditions pendant un an. Cette mesure ne concernera que les intermittents du spectacle mais pas les intérimaires. Les ministres ont aussi annoncé de nouvelles aides à l’emploi de 30 millions d’euros et un « plan jeunes » de 40 millions d’euros. Toutefois, ces annonces sont prises avec beaucoup de recul de la part des artistes.

Des annonces relativisées

Pour le collectif Culture en Danger, « il faut mettre en perspective ces mesures car nous avons perdu plus de 500 millions d’euros de salaires en 2020 ». Quant au « plan jeunes », « il s’annonce inadapté aux particularismes de notre secteur car les aides sont réservées aux contrats de travail de plus de 6 mois. Dans nos secteurs où il existe un usage de recourir à des CDD souvent de courte durée, ce dispositif de soutien à l’emploi ne bénéficiera pas aux artistes et techniciens du spectacle. Ces 40 millions sont un simple effet de communication. » déplore la CGT Spectacle.

La crainte actuelle du collectif serait que le mouvement s’essouffle avec la fin des occupations des théâtres. « On veut continuer de faire vivre ce que l’on a créé à la Comédie. On espère qu’il n’y aura pas de démobilisation durant l’été car nous avons encore des revendications et nous ne voulons pas laisser qui que ce soit en difficulté. » conclut Sébastien.

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