Les soignants seront de nouveau dans la rue le 16 juin

Ni le confinement, ni le Ségur de la santé n’ont enterré les revendication des personnels soignants. À Clermont-Ferrand, deux appels au rassemblement courent pour mardi prochain.

« On manque de médicaments depuis deux mois, et le Ségur de la santé débat sur le matériel informatique ! » Jugée hors-sol, ne prenant en compte aucune des revendications du personnel, la grande discussion sur le système de santé entamée par le gouvernement est loin de calmer la colère des soignants. Pas plus, d’ailleurs, que les primes pour participation à la lutte contre l’épidémie, ou les fameuses médailles. « On parle de primes qui sont attribuées de manière arbitraire par la direction de l’hôpital, et qui peuvent concerner jusqu’à 40 % de l’effectif. Donc il y aura d’abord les directeurs et les médecins, et le reste servira à faire du clientélisme dans les services pour diviser le personnel » dénonce Valérie Amato, secrétaire départementale sud santé sociaux, qui a d’ailleurs claqué la porte du fameux « Ségur de la santé ». Reste une voie pour faire entendre les revendications du personnel hospitalier : la mobilisation, avec une date nationale le 16 juin.

Deux appels mardi prochain

Pour avoir fait l’objet de centaines de jours de grèves par différents services avant l’épidémie, les revendications sont connues, et concernent l’amélioration des conditions de soin pour les patients, et des conditions de travail pour le personnel. Une chose a peut-être changé, qui pourrait faire basculer l’issue du combat : le soutien populaire. L’épidémie a été l’occasion de remettre en avant le travail nécessaire du personnel soignant ; si les applaudissements se transformaient en autant de nouvelles têtes se joignant aux manifestations, le combat prendrait une autre tournure.

C’est le sens des deux appels au rassemblement lancés pour le 16 juin. En fin de matinée, c’est l’intersyndicale (FO, CGT, FSU, Sud, UNEF) qui ouvrira le bal avec un rassemblement devant l’Agence régionale de santé (ARS) à 11 heures, précédées de manifestations parties des hôpitaux (10h15 à Gabriel Montpied, 10h45 à Estaing).

Dans un deuxième temps, le syndicat Sud et un collectif d’associations appellent à se retrouver place de Jaude à 18 heures. « Nous avions peur que la manifestation du matin, à cause de l’horaire et du lieu, soit peu visible et se passe entre syndicalistes », explique Valérie Amato. « L’objectif est de permettre à tout le monde de se réunir : tous ceux qui ont été travailler pendant le confinement, en particulier dans le secteur du médical et du médico-social, mais aussi tous les gens qui nous soutiennent et veulent défendre un service public de santé digne de ce nom ». La syndicaliste appelle ceux qui le peuvent à participer aux deux événements : « le but est de rassembler le plus largement possible, pas de nous diviser. Il n’y a que comme ça qu’on pourra gagner. »

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