La tonnelle est fermement installée devant les portes du commissariat. Sur la table, du pain, des salades, des cubis et des coca. Les membres de la CGT ont décidé de pique-niquer devant l’établissement de police, dès midi. A 14 heures, leur camarade, Régis, sera entendu dans le cadre d’une plainte contre X. « On dénonce la criminalisation de l’action syndicale. » S’exprime Remi Coupas, membre du bureau du syndicat CGt-Energie.
Depuis le mois de septembre, les agents ont engagé un mouvement de grève que vous nous expliquions Ici. Le bras de fer entre les directions et les salariés est compliqué. « Ils n’ont rien trouvé de mieux que de déposer plainte pour tenter d’intimider la lutte. » S’agacent des militants, croquant dans leur sandwich. « Des plaintes, oui, des réponses sociales, jamais » S’écrie Remi qui dénonce la répression des mouvements sociaux et la criminalisation de l’action syndicale.

Et cette politique ne date pas d’hier. On se rappelle l’affaire de la chemise arrachée, lors des mouvements de grève chez Air France, en 2015. Les syndicalistes avaient été condamnés pour violences en réunion. En 2016, après la fermeture de l’usine Goodyear, à Amiens, 8 salariés avaient écopé de la prison ferme pour séquestration. Plus récemment, des agents EDF/Engie ont été poursuivis pénalement pour « mise en danger d’autrui » alors qu’ils avaient coupé l’électricité pendant le mouvement des retraites, en 2023. Encore aujourd’hui, et alors que les faits remontent à 2016, des militants CGT, FO, Solidaires continuent d’être condamnés par les tribunaux, comme à Strasbourg pour des actions de blocages lors des manifestations contre la loi travail.
Fermeté des autorités
Sur le plan législatif, une proposition de loi d’amnistie visant à effacer les condamnations des syndicalistes a été rejetée par la commission des lois en juin 2025 confirmant la fermeté des autorités.
Hier, c’était donc Régis qui était auditionné par la police dans le cadre d’une plainte contre X. « J’ai reçu ce courrier » dit-il en tendant une petite feuille avec un numéro de téléphone à rappeler. « On m’a alors dit que je devais être auditionné dans le cadre du mouvement syndical. » Délégué syndical, Régis est aussi coordinateur régional ENEDIS.
Auditionné pendant 2 heures
Son audition a duré plus de 2 heures. Un exercice difficile pour le syndicaliste qui n’est pas directement incriminé, mais dont le nom a été cité plusieurs fois dans le dépôt e plainte. « La volonté est de faire peur. » Pour Régis, être interrogé par la police n’est pas anodin. « Je ne suis pas un criminel ni un voyou, juste un syndicaliste qui se bat pour les droits de toutes et tous. »
Des soutiens
En effet, parmi les revendications, la baisse de la TVA sur l’Energie qui permettrait d’affaiblir les factures d’électricité de chaque citoyen ou bâtiment. « Même celui d’un commissariat ou d’un policier. » S’amuse un militant.
Des élus communistes étaient venus apporter leur soutien comme Pierre Miquel, conseiller municipal à Clermont-Ferrand, Boris Bouchet, élu à Riom, ou encore Christine Faure, élue à Cournon.
Le dossier a été transmis au procureur qui décidera de la suite à donner à cette affaire.