Parrainer un demandeur d’asile : une façon de protester et d’agir accessible à tous

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Publié le 25 mai,

Hier soir RESF –Réseau éducation sans frontières- organisait une soirée d’information sur le parrainage républicain de demandeurs d’asile. Une façon originale d’agir, accessible à tout citoyen qui ne s’y retrouve pas dans la politique migratoire actuelle.

Marie-Luce Pouchard membre de La Ligue des Droits de l’Homme, contextualise : « La législation est de plus en plus restrictive. Les possibilités de régulations ne font que diminuer. » Pour contrer cette situation, depuis 2004, RESF organise une protection autour des personnes demandeuse d’asile. Le parrainage est l’une des actions mise en place par l’association. Selon Marie-Luce Pouchard, l’acte a une valeur politique. Il symbolise une forme de résistance aux traitements accordés aux migrants en France et permet de montrer que de nouvelles formes de solidarités s’organisent.

Les personnes que RESF tente de parrainer sont déboutées du droit d’asile. Cela signifie que leurs demandes ont toutes été rejetées. « Ce sont des gens dans des situations catastrophiques, ils n’ont quasiment plus accès à aucun droit », explique Marie-Luce Pouchard. Mais, précise une membre de RESF, multiplier les rejets n’implique pas que la personne n’a pas de motif valable : « La France n’accorde presque jamais l’asile donc les gens déboutés, ça ne veut pas dire qu’ils ne méritent pas l’asile ! »

Concrètement, le lien est officialisé lors d’un passage en mairie comme c’est le cas pour un parrainage républicain classique. Ensuite les choses se passent différemment selon les cas. Le principe est de créer un contact entre personne migrante et personne non migrante. En fonction des affinités, la relation peut évoluer vers une véritable amitié ou un contact qui reste plus formel. « J’ai eu plusieurs filleuls avec qui je faisais des choses différentes. Je les accompagnais à des rendez-vous chez leur assistant social, j’allais voir des films au cinéma avec les enfants, … C’est très divers et rien n’est obligatoire, ça dépend des relations. L’important c’est de rétablir l’humanité en instaurant une vraie relation égalitaire. Quand ils vont chez RESF, ils sont toujours dans la demande. Dans la relation parrain-filleul c’est différent. S’ils m’invitent à manger, j’accepte. Ils sont contents de pouvoir à leur tour donner quelque chose » témoigne une marraine.

Le parrainage peut se faire à plusieurs de même qu’un « filleul » peut être constitué de plusieurs membres d’une famille. Dans certains cas, l’acte peut aussi apporter un plus dans le dossier du filleul : « Pour être régularisé, on leur demande qu’ils aient des liens avec des français, de prouver qu’ils sont bien intégrés etc. » Le parrainage permet aux personnes migrantes de rencontrer des français qui n’appartiennent pas au monde associatif. Une ouverture sociale non négligeable.

Des cycles de parrainages ont déjà eu lieu à Clermont-Ferrand notamment en 2016 où plus de 25 personnes ont été parrainées. Cette fois-ci, c’est la commune de Ménétrol à qui RESF s’est adressée. La Maire, Nadine Boutonnet, qui entretient des liens avec l’association depuis longtemps, s’est vite laissée convaincre : « Quand RESF a appelé, j’ai accepté sans hésiter. Historiquement, nous avons toujours été sensible à la problématique des migrants. » La maire, ne prévoit pas de parrainer quelqu’un mais plusieurs élus se sont déjà proposés.

Les parrainages auront lieu le 30 juin prochain.  L’équipe de RESF voudrait parrainer une vingtaine de personnes et il manque encore des volontaires ! Pour les personnes tentées, il faut contacter RESF au plus vite. Le 12 juin, une prochaine réunion aura lieu pour une rencontre entre futurs parrains et filleuls.

Gwendoline Rovai

 

 

 

 

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