Fermeture de l’usine Bosch à Yzeure, 270 salariés sur le carreau.

Installée depuis 1996 sur le territoire, l’usine Bosch arrêtera ses activités en juin prochain et fermera définitivement son site en début d’année 2027. « Une catastrophe pour un département déjà lourdement sinistré. » Selon Laurent Indrusiak, secrétaire général de la CGT 03. « Les Allemands ont décidé de faire revenir les activités dans leur pays. Ils ferment ici pour garantir les emplois chez eux. » Constate le syndicaliste.

« Une trahison »

La fermeture du site était prévisible depuis quelques mois, déjà. « C’est de la trahison, cela fait des mois qu’on nous balade. Nous avions un savoir-faire unique, et petit à petit, ils se le sont accaparés pour récupérer notre production. » Explique Laurent Doriat, salarié de l’entreprise et élu CGT dans l’entreprise.

« J’y suis rentré à 21 ans, dès la fin de mes études, j’en ai bientôt 50. Ici, des couples se sont formés et vont être licenciés, cette fermeture, ça représente des drames pour des familles entières. »

Suppression de 3000 emplois en 15 ans dans l’industrie sur le département.

Selon la CGT, en 15 ans, 3000 emplois de l’industrie ont disparu sur le département. En effet, on peut citer le site Amis, à Montluçon, qui a perdu 250 salarié.e.s.

Adisséo, usine de complément alimentaire animal, à Commentry a laissé 145 emplois sur le carreau.

En 2013, 250 salariés perdaient leur travail chez Breat, et l’usine est actuellement en redressement judiciaire.

Dernièrement, nous apprenions la perte de 190 emplois avec la fermeture d’Erasteel, les forges de Commentry. Le 18 décembre, une manifestation réunissait 1500 personnes. « Les forges ont fondé Comentry. C’est 2 siècles d’histoire et la vie d’une commune entière. » Expliquent les salariés en lutte.

« La France ne protège pas assez son industrie. »

Pour Laurent Indrusiak, « la France brade et ne protège pas son industrie. Et certaines entreprises n’ont pas anticipé. Amis est une structure qui réalise des pignons de boite à vitesse manuelles. Mais, avec l’arrivée de l’hybride et des automatiques, il était facile de prendre le virage. C’est aussi la responsabilité des entreprises elles-mêmes. » Le syndicaliste le reconnaît malgré tout, « nous sommes dans une guerre économique mondiale. »

Les conséquences directes touchent les petites entreprises familiales qui intervenaient bien souvent en sous-traitance. « On a un nombre inédit de liquidations judiciaires dans le département. » Assure Laurent. En effet, on estime que la disparition d’un emploi direct en induit 3 de plus. « Des villages qui sont désertés et des services publics qui ferment. »

« Des initiatives et lueurs d’espoir »

Pourtant, certaines lueurs persistent dans l’obscurité industrielle. « Des élus cherchent des solutions. Concernant Bosch, certains travaillent à réinvestir le site pour une nouvelle entreprise. Les salariés d’Erasteel à Commentry tentent de reprendre leur forge sous forme coopérative, en SCIC. Les salariés se battent toujours pour leur emploi. »

Laurent Doriat, lui, a déjà la tête dans les papiers. « On a reçu les documents de la fermeture du site de Bosch, on est en intersyndicale aujourd’hui, mais il faut tout éplucher. On sait que Bosch a de l’argent et nous ne sommes pas la première des ses usines à fermer en France. En Haute-Savoie, ils ont laissé sur le carreau 150 personnes, 400 en Normandie, dont 200 ont pu bénéficier d’une pré-retraite à 7 ans. On sait qu’on va devoir négocier. Mais ça demande un sacré boulot. »

Des négociations en cours

Les salariés ont déjà eu rendez-vous avec les maires de Moulins et Yzeure car le site est sur les deux communes. « On doit rencontrer le ministre de l’économie. On a le soutien du député Yannick Monnet. On va tenter de reconstruire après le départ. Il ne nous reste plus que ça à faire. » Conclut le quinquagénaire avant de repartir en réunion intersyndicale.

NB : La photo de couverture montre la manifestation du 18 décembre devant les forges de Commentry.

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