Publié le 27 mars,
Hier soir, se tenait une réunion des Etats généraux des migrations au centre Jean Richepin dans le centre de Clermont-Ferrand. Au programme, discussions des propositions concrètes d’opérations de sensibilisation sur la condition des migrants en France.
« Qui sont les familles présentes qui avaient un problème à régler ce soir ? » La réunion commence pragmatiquement. Dans le grand cercle, l’attention se porte sur plusieurs personnes ne parlant pas ou peu français. Il y a cette famille avec 3 enfants qui vient de Géorgie et cherche une solution de logement. Il y a ce couple qui ne sait pas comment payer son billet de bus pour aller à une convocation à Paris. Il y a ce père qui vit dans la rue depuis 7 jours avec sa femme et ses enfants. Trois histoires d’un soir, qui rappellent la dure réalité des personnes migrantes chez nous. Quelques pistes de solutions très concrètes sont rapidement évoquées. Le contexte est posé pour l’ouverture de cette deuxième réunion des Etats généraux des migrations de Clermont-Ferrand.
Les Etats généraux de la migration c’est quoi ?
Il s’agit d’un processus, initié en novembre 2017 en réaction au manque de proposition constructive du gouvernement sur les questions migratoires. L’initiative vise à, associer un maximum de personnes et organisations partageant la volonté commune de dénoncer la situation des migrants en France et, proposer des alternatives pour prouver qu’une autre politique migratoire est possible. Les conclusions des réunions locales, qui regroupent des centaines de collectifs et associations, seront partagées lors d’un rendez-vous national à Paris au printemps 2018. A Clermont-Ferrand, la dynamique, portée par Réseau Education Sans Frontières, la Ligue des Droits de l’Homme et la Cimade, a été rejointe par de nombreux autres acteurs.
Hier soir, dans le centre-ville, on débattait donc des actions à mettre en place pour sensibiliser sur la question des réfugiés.
Par exemple, l’idée de mettre en place une « journée sans migrant ». L’idée est la suivante, pendant une journée, toutes les personnes d’origines étrangères restent chez elle et ne participent à rien. « Ça montrerait que sans les gens venus d’ailleurs, la France est bloquée, que notre société est construite sur l’immigration ». Symboliquement l’idée plait, mais concrètement, elle semble impossible à mettre en place. Certains proposent alors de reprendre l’idée mais de la mettre en place sous une autre forme, via du théâtre de rue par exemple.
Pour mieux choisir les actions, certains proposent de reposer les questions de base « Est-ce qu’on sait pourquoi une bonne partie des gens sont contre les migrations ? En partant de ça, on pourra mieux définir et cibler nos actions. » Deux réponses. La première est rationnelle « Il faut amener les chiffres officiels au gens pour leur montrer que la migration est bénéfique pour le pays ». La seconde est affective « C’est en créant du contact entre les gens que les peurs vont se dissiper, les arguments ne suffisent pas ». Avec le rappel d’un fait « ça n’est pas dans les régions où il y a le plus de migrants que le FN a le plus gros score. Au contraire… »
Toutes les propositions sont discutées et l’idée d’une action inter-associative étendue sur plusieurs semaines dans le courant du mois de mai se dessine. Si, comme citoyen ou, en tant que représentant d’une organisation vous désirez vous investir dans la dynamique, vous pouvez rejoindre le groupe en participant à la prochaine réunion qui aura lieu mi-avril.
Gwendoline Rovai