Culture en Danger : quelles suites après la fin de l’occupation ?

Mercredi 26 mai, une petite assemblée générale de dix personnes s'est tenue à la Maison du peuple de Clermont-Ferrand. Les acteurs du monde culturel ont débattu sur les actions et évènements à venir. Ils ont aussi discuté de l'organisation de la rentrée, des besoins du groupe et de la potentielle création d'une association au nom du collectif.

Le rendez-vous avec la Drac

Pour le collectif Culture en Danger, la fin de l’occupation ne rime pas avec la fin des actions et des revendications. C’est pourquoi une délégation du collectif se rendra demain, vendredi 28 mai, à la Drac (Direction régionale des Affaires culturelles), pour débattre des revendications avec le directeur adjoint, François Marie. « Nous aborderons l’année blanche, les revendications des compagnies mais aussi artistes-auteurs et budget de la Drac pour le plan de relance du 15 juin. » commence Sébastien de la CGT Spectacle.

La Drac dispose effectivement d’un budget 1,3 millions d’euros pour la région AURA. Il doit être distribué en répondant à des appels à projet. « On doit donc tous remplir le dossier correspondant car cela représente entre 5 000 et 18 000 euros par projet. » poursuit Sébastien. « Même ceux qui ne font pas partie de structures peuvent demander ce financement, qui sera reversé sur leurs comptes personnels. » Mais pour le collectif, ce budget reste insuffisant et ne permettra pas de financer tous les projets en attente depuis un an. Le but de la manœuvre est donc « d’inciter tous les artistes à remplir ce dossier pour inonder la Drac. Il faut qu’elle se rende compte que le budget du plan de relance est largement insuffisant. »

Photographies de Nicolas Anglade

Les actions à venir

Pour ce qui est des actions, les acteurs du monde culturel comptent bien continuer à être visibles et mettre la pression sur les institutions. La ministre de la culture, Roselyne Bachelot, doit d’ailleurs se rendre demain à l’inauguration de la Comédie. Une occasion pour le collectif d’aller l’interpeler. « Pour le moment, on ne sait pas à quelle heure elle sera là. Mais il faudrait faire du bruit. Je propose qu’on se regroupe à 10h à la Maison du peuple. On avisera de ce l’on fait à ce moment là. Sinon… nous la chercherons dans Clermont-Ferrand ! » explique Guillemette. Le collectif compte lui expliquer « qu’un espace rural ne se gère pas de la même manière qu’un territoire urbain comme Paris. On lui parlera ensuite des autres revendications générale liées à la culture. »

Puis, le vendredi 11 juin, la Comédie présentera la saison de l’année prochaine, sûrement par le biais de spectacles. « Nous devons faire un assemblée générale le 7 juin, à 14h, à la Comédie pour demander à Jean-Marc, le directeur du théâtre, ce qu’il serait possible de faire pour nous. On aimerait laisser une trace de notre occupation et de nos revendications ce jour là. Montrer qu’on est toujours là au public. Peut-être par une présentation vidéo ou une exposition photo ? » s’interroge le collectif.

Quelles suites durant l’été et à la rentrée ?

Afin de continuer les actions et ne pas démotiver le mouvement, d’autres assemblées générales seront organisées comme le 16 juin, à 14h, à la Maison du peuple. Mais pour les artistes, il leur faut surtout un espace dédié à leurs activités. « Il faudrait prospecter pour trouver un lieu qui pourrait réellement nous accueillir. Puis organiser une action pour investir ce lieu. » expose Guillemette.

C’est pourquoi le collectif réfléchit en ce moment à se regrouper en association. « L’association doit nous permettre de créer un espace pour les artistes et pour les luttes extérieures avec une interprétation artistique. Elle doit nous permettre de continuer à se regrouper, créer et de catapulter, encourager de nouvelle initiatives artistiques en dehors de l’asso. Mais aussi d’avoir un budget dédié à nos actions. » conclut Guillemette.

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