Majoritairement féminine, l’assemblée en grève rassemblait la quasi totalité des travailleurs et travailleurs sociaux de la sécurité sociale (MSA, CARSAT, CAF, CPAM.) « Nous appartenons au secteur privé dans le cadre d’une délégation de service public. En deux mots, nous ne sommes pas fonctionnaires. » Explique une jeune femme avec un brassard MSA.
Et si, elles et ils se sont rejoints, c’est en premier lieu pour dénoncer leur absence dans le SEGUR. En effet, les accords du 13 juillet 2020 tendaient à revaloriser les salaires des professionnel.les du soi et du médico-social. Une prime de 183 euros mensuels leur est désormais octroyée.
Pourtant, travailleurs sociaux au même titre que celles et ceux qui travaillent dans d’autres structures publiques ou privées, les salariés de la Sécurité Sociale n’y ont pas droit. « Alors qu’ on accompagne nous aussi des personnes en situation précarisée. Nous avons nous aussi un public en grande difficulté. Nous faisons le même métier: Nous sommes éducateurs spécialisés, assistantes sociales… »
Reçues ce matin par la direction de la Sécurité Sociale, les salariées sont ressorties agacées. « Le directeur nous a dit que nous étions mieux payés au départ et que le Segur a juste permis aux autres travailleurs sociaux d’être à notre salaire. Encore un nivellement par le bas… »
Reconnaissance d’un bac +3
De plus, les salariés en colère exigent la reconnaissance de leur diplôme en bac +3, leur permettant d’accéder à un niveau 6 dans la classification selon le décret du 8 janvier 2019.
Une telle classification permet une reconnaissance européenne, et facilite la mobilité. Mais pas seulement, elle permet l’accès aux concours de la fonction publique de catégorie A, permet d’intégrer un master dans le cas de poursuites d’études, et justifie une rémunération plus élevée.
Un mouvement prévisible
Pour F.O, cette manifestation nationale n’est pas une grande surprise. William le rappelle : « Nous avons alerté à de multiples reprises depuis 2022, en étant constamment méprisés. »
Du côté de la CGT, même constat : « On nous dit qu’on a de bonnes conditions de travail, mais c’est sans compter la baisse d’effectifs, l’absence de budget. » Explique Cécile.

Une délégation reçue par le cabinet de la préfète ressort, Audrey de la CGT en tête : « Bon, nous n’avons pas appris grand chose. Elle a évacué rapidement la question du SEGUR, et nous renvoie vers la classification. Avant de nous voir, elle avait pris attache auprès de nos employeurs. Il va falloir continuer le combat. »
D’ailleurs, dès demain, une visio rassemblant tous les territoires est programmée pour coordonner la suite des actions.
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1 réflexion sur “« Nous sommes les seuls travailleurs sociaux à ne pas toucher le SEGUR! »”
IL y a d’autres moyens de mieux payer les travailleurs sociaux de la sécurité sociale mais pas avec le SEGUR qui permet de distinguer les métiers de l’accompagnement physique des professionnels ,hors accueil, qui traitent les dossiers administratifs.