Avez-vous un clic-clac dans votre salon ?

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Publié le 31 mai,

Hier soir, le collectif SAJE -Solidarité et Accueil des Jeunes Etrangers – se présentait autour d’un apéro au Pôle 22 Bis. Leur projet : créer un réseau d’accueil pour les personnes migrantes mineures et isolées. Faute d’hébergements suffisants fournis par l’état, les jeunes réfugies sont de plus en plus nombreux à se réorienter vers des structures informelles comme le squat 5 étoiles qui a atteint un point de saturation.

Ils sont 6. Tous bénévoles au squat 5 étoiles, ils interviennent régulièrement au près d’une cinquantaine de jeunes. Des adolescents entre 15 et 17 ans en moyenne, qui viennent en grande partie de pays d’Afrique de l’Ouest. Après une série de tests évaluatifs, leur minorité n’a pas été reconnue par les instances françaises. Ils ont introduit un recours et dans l’écrasante majorité des cas, leur minorité sera établi en fin de procédure. Problème, pendant le temps de révision du dossier qui peut s’étaler sur plusieurs mois, l’état ne propose pas une possibilité d’hébergement pour tous les jeunes. Beaucoup se tournent alors vers des options précaires comme le squat 5 étoiles situé à La Pardieu.

Dernièrement, le nombre de jeunes qui ont rejoint l’endroit a augmenté et la situation est devenue de plus en plus complexe pour organiser la vie en collectivité. Une situation que certains bénévoles jugent sensible et qui a motivée la création du collectif SAJE.  « Nous proposons comme alternative principale aux solutions d’urgence la création d’un réseau d’hébergeants et d’intervenants solidaires pour les jeunes étrangers isolés et exclus. » Chaque personne peut se proposer pour accueillir un jeune : « Ça peut être 2 jours de manière ponctuelle ou, 1 week-end sur deux de façon plus prolongée ».

L’objectif n’est pas seulement de désengorger le squatte du 5 étoiles.  Selon les membres du collectif, héberger un jeune migrant est une manière de lui offrir un moment de répits : « Nous voulions faire appel à des logements individuels car les jeunes sont toujours dans le collectif. Ils entendent toujours « nous-vous », mais jamais de « je-tu » … » D’autres membres soulignent la vertu sociale de l’action : « Ce sont des jeunes ados, ils ont souvent envie de rencontrer des gens et ça permet de tisser des liens ».  

Des réseaux d’hébergement citoyen existent déjà à Toulouse, Brest, Marseille et Bruxelles. Hier, à Clermont-Ferrand le temps était à l’information et aux questions pratiques. La liste de volontaires s’est remplie au fil de la soirée, mais le collectif est toujours en recherche de personnes supplémentaires.  

Les initiateurs du collectif espèrent aussi répondre à une demande citoyenne : « Nous pensons que beaucoup de personnes veulent faire quelque chose mais ne savent pas quoi faire ». Ils voient leur action comme pragmatique sans vocation à perdurer dans le temps : « L’état doit prendre ses responsabilités, il ne s’agit pas d’une solution durable ». En attendant une réaction plus effective des pouvoirs publics, ils veulent juste combler une petite partie du vide.

Page Facebook du collectif :

https://www.facebook.com/saje63/?ref=br_tf

Gwendoline Rovai

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