Rassemblement dans les CROUS : « Gagner 1200 euros, ça suffit »

Ce matin, à Clermont-Ferrand, comme dans les 26 autres CROUS en France, un rassemblement était prévu dès 8 heures. Les salariés ont décidé d’entamer une grève illimitée afin de faire entendre leurs revendications.

Nadia prend le micro. Emmitouflée dans une écharpe rouge, l’agente d’accueil, syndiquée à la CGT dénonce les conditions de travail, dues notamment au manque de reconnaissance salariale. « Il reste 399 postes à titulariser. Nous avons une mission de service public, mais les CROUS externalisent de plus en plus et ne peuvent plus embaucher à cause des salaires de misère. »

Les salariés dénoncent la difficulté du dialogue social dans certaines structures. A Grenoble, au mois de septembre, pire, des faits de harcèlement sexuel ont été constatés.

Aujourd’hui, « trop c’est trop » !

En mars 2021, les salariés s’étaient rassemblé pour dénoncer leurs conditions. Certains salariés n’ont toujours pas le statut de fonctionnaire. « On demande la fonctionnarisation de tous les employés, car 399 restent des Ouvriers Permanents, ce qui leur ouvre moins de droits. »

De plus, les salariés veulent mettre en place les primes d’embauche, une meilleure prise en compte des astreintes. « On veut aussi de nouvelles négociations pour les mutuelles ou jours de carence, par exemple. »

Grève de la faim devant le ministère

A Paris, certains salariés ont entamé une grève de la faim, devant le ministère de l’enseignement supérieur.

David, agent de maintenance depuis 5 ans, décrie : »On voit une dégradation en cuisine et hébergement. On demande au personnel d’être hyper polyvalent. »

Nadia renchérit : « Ce qui est terrible, c’est qu’il y a de l’argent dans les CROUS, mais pour faire appel à des Food Trucks par exemple. On voit de moins en moins d’embauche et de plus en plus de souffrance au travail. On a l’impression que le service public cherche à s’enrichir en sacrifiant sa mission envers les étudiants. »

Les employés demandent une revalorisation des salaires de 200 euros. Une agente en restauration explique : « Je commence à 6H30, on prépare les entrées froides, et avec le COVID on doit filmer les 800 assiettes. Ensuite, on fait des desserts. A 10H30, on met en place, à 11H30, on ouvre la restauration. Mais là encore avec le Covid, on doit préparer les plateaux. A 14 heures, c’est la fin du service, mais pas la fin de ma journée, puisqu’on fait la plonge, le ménage, dans la salle et les toilettes. »

Surplus de travail avec le Covid

Le Covid a entraîné un surplus de travail pour les salariés. « Ca fait plus de 10 ans que je travaille là, voici mon salaire » explique l’un des agents en tendant une fiche de paie à, à peine, plus de 1000 euros. « On nous déduit les avantages nature, comme le repas que l’on prend à 10H45. »

Nadia conclut : « Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras, on se bat depuis des années, on a des camarades en grève de la faim. C’est pas le moment de lâcher. »

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