« On est en poste alternant. Soit on se lève à 3H30 du matin soit on se couche à 6H. Je ne peux pas m’inscrire dans un club de sport par exemple. » Les 300 grévistes qui ont tenu bon pendant 4 semaines, témoignent de leur quotidien comme salariés des Eaux de Volvic. Une usine qui a changé pour les plus anciens : « L’entreprise n’est plus la même, ni notre travail. Avant, c’était plus dur physiquement, mais nous étions beaucoup moins infantilisés. » Pour beaucoup, « nous sommes devenus des numéros et la seule motivation de l’entreprise est l’enrichissement au détriment du bien-être salarial. »
Une précarisation du travail
Moins de personnes sur les lignes de production. Plus de digitalisation, précarisation des ouvriers avec notamment un turn-over et beaucoup d’intérimaires. Les critiques ne manquent pas quant à la gestion des ressources humaines. « Et pourtant, l’entreprise va très bien. Du groupe Danone, c’est celle qui marche le mieux, sur le marché de l’eau. Evian a été impacté par la crise sanitaire car était très exportée, mais Volvic avec sa distribution nationale, (et en Allemagne et Angleterre) marche toujours aussi bien. » Pour les syndicalistes CGT, porteurs de la grève, « on sait que le système est ainsi, il faut enrichir les actionnaires, mais on refuse que ce soit fait au détriment des salariés qui s’usent au travail. On veut une meilleure répartition de l’argent, on demande juste une reconnaissance de la pénibilité de notre travail pour pouvoir partir plus tôt. Pour eux, ce n’est qu’un tout petit effort ! »
Une direction prête à négocier
Alors, ce matin, une réunion avec la direction a pu acter les négociations à venir. Différentes rencontre seront programmées jusqu’à l’automne pour finaliser l’accord de méthode. « Nous avons avancé. La direction a accepté la reconnaissance de la pénibilité sur l’ensemble de la carrière au sein de l’entreprise. On va devoir définir les critères de pénibilité, et les différentes contreparties pécunières ou d’épargne-temps. »
Ainsi, la grève, en Assemblée Générale, a été suspendue. « Nous la suspendons le temps des négociations, mais nous n’hésiterons pas à débrayer de nouveau, si les négociations ne sont pas suffisantes. »