Une fois de plus, l’UNEF Auvergne ciblée par l’extrême-droite !

Une fois de plus, l’UNEF Auvergne est ciblée par l’extrême-droite ! Le syndicat a découvert son local tagué de signes fascistes vendredi 18 novembre. Les groupuscules d'extrême droite ont également dégradé les murs de l'université et la Maison du Peuple.

Le constat est national. Avec 89 sièges remportés par le RN lors des dernières élections législatives, le climat politique en France est marqué par la montée de l’extrême droite. À l’échelle locale, les agressions deviennent plus rapprochées et plus violentes. On vous en parlait cette semaine. Un couple a été agressé au Puy-en-Velay, en fin d’été, par des néo-nazis Clermontois. Des incidents ont également eu lieu le jour de la venue de Jean-Luc Mélenchon à la maison du peuple. Des militants étaient agressés la veille et des tags hostiles ont été découverts le matin du meeting.   

« On a dépassé un stade »

Les violences de l’extrême droite ? « Elles sont très liées à la question de l’université. », explique une militante de l’UNEF. Elle et ses camarades essuient les insultes et intimidations depuis des années. Mais de son aveu, « on a dépassé un stade. Ça fait déjà des années qu’on a leur présence, qu’on les aperçoit en manif ou qu’on voit des tags. Mais ces choses-là arrivent de plus en plus souvent et sont de plus en plus violentes. ».  Dans un communiqué, le syndicat étudiant explique avoir constaté la progression des groupuscules fascistes clermontois sur les sites universitaires.

Une présence qui pèse

« L’Université n’a pas à être le terrain de jeu de l’extrême droite. En attaquant les facultés ainsi que les étudiant.e.s et militant.e.s, les militants néo-nazis montrent encore une fois qu’ils ne sont pas du côté des étudiants que nous défendons sans exception. », déclare l’UNEF. Pour ses militants, l’inquiétude est présente à chaque instant. Depuis des années, le syndicat subit des insultes, des violences, des menaces, des dégradations de locaux et des vols de matériel. « Depuis le début de l’année, on a eu trois vols de matériel, dont notre mégaphone. C’est quelque chose d’hyper symbolique. », rapporte une militante. Cette dernière nous parle aussi des bousculades et des coups.

« On fait beaucoup de travail à côté pour expliquer qui est l’extrême droite, pour sensibiliser. Entre nous, on parle beaucoup de comment se mettre en sécurité pour éviter qu’il y ait des gros élans de panique sur les camarades. », indique-t-elle. Le comportement d’une grande majorité des étudiants rassure la militante et ses camarades. « Je trouve que c’est rassurant le fait qu’ils aient un intérêt pour nous. Ils viennent nous voir, nous demandent ce qu’il se passe, ça permet de réfléchir, de discuter. »

De nouvelles dégradations

Vendredi 18 novembre, au lendemain d’une conférence organisée avec Marianne Maximi et Damien Maudet, députée de la 1ʳᵉ circonscription du Puy-de-Dôme et député de la première circonscription de la Haute-Vienne, de nouvelles dégradations ont été constatées à la fac, sur l’UFR Gergovia. Ce jour-là, les militants découvrent leur local tagué avec entre autres, des croix celtiques (symbole néo-nazi).

« En arrivant à la fac, on a été surpris de retrouver le local tagué sur toutes ses vitres avec le GNLS. », explique la militante. « GNLS » signifie « good night left side » (bonne nuit la gauche) et représente une menace de mort. On peut aussi lire des slogans “Gauchos hors de nos facs”.

Un passage piéton aux couleurs de l’arc-en-ciel, mis en place par le COPIL (Comité de Pilotage) et qui devait être inauguré le matin même a aussi été tagué ainsi que plusieurs murs de la fac, marqués de symboles néo-fascistes.

S’organiser

« À l’échelle de l’UFR, la doyenne se préoccupe vraiment de ces actions-là. Elle agit comme elle peut en dialoguant au maximum. Mais on demande à Mathias Bernard (président de l’Université Clermont Auvergne) de se préoccuper de ces questions mais on n’y est encore pas, malheureusement. Pour lui, prendre la parole, c’est leur donner de la visibilité mais le problème, c’est qu’ils l’ont déjà. », se désole la militante. L’UNEF attend pour le moment la prochaine AG pour décider de la suite des évènements. Une chose est sûre, le syndicat souhaite réagir. « Leurs idéologies racistes, sexistes, homophobes etc ne doivent pas progresser, nous devons faire face à leur violence ! Face à la montée de l’extrême droite, organisons-nous ! », a déclaré ce dernier.  

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