Une mobilisation face à la recrudescence des groupes d’extrême-droite et leurs actions

2018. À Clermont, l’implantation du Bastion Social marque l’intensification des violences commises par les groupes d’extrême-droite. Le sujet, Mediacoop le connaît bien, très bien. Si on fouille sur le site du journal, les articles sont très nombreux. Des papiers qui montrent aussi qu’on sait gagner les batailles contre le fascisme. Le bastion a fermé.

Mais même si on n’a pas trop envie de parler d’un retour ou d’une recrudescence de ces groupes et de leurs actions, on doit avouer qu’il y a une multiplication des actes ces derniers temps. Plus fréquents et plus décomplexés. « Il y a une banalisation même », soutient Samir, du collectif antiraciste et de défense des droits Nous Aussi 63.

Haine, violences et intimidations

Comme un relent de haine à Clermont donc mais aussi un peu partout, à Lyon ou au Puy-en-Velay par exemple, comme en réfère un de nos articles sur le sujet :

Le 28 août, les libraires accueille Hilda Lefort (anagramme de Adolf Hitler). Décrite comme « jeune militante éprise de poésie, catholique, ayant foi dans le combat nationaliste » par le site Jeune Nation, auquel elle contribue. Ce jour-là, au Puy, elle tient une conférence sur « la hiérarchie raciale et le racisme bien compris ». Rapidement, des habitants et militants veulent se rassembler pour protester contre cet événement. Mais, le rassemblement est interdit par la préfecture. La conférence a bien lieu, mais plutôt sur « le nationalisme aujourd’hui » et bien protégée par la police. Des néo-nazis connus des rues clermontoises, présents pour la grande rencontre littéraire, agressent un couple pour le seul fait que l’un des individus porte un t-shirt de foot de l’équipe Sankt Pauli. Selon ses statuts et son règlement, le FC Sankt Pauli est un club sportif antifasciste et antiraciste.

Ici, ça avait plutôt recommencé avec des tags haineux et racistes dans l’espace public et sur des lieux de savoir. « Ils sont partout, y compris quand ils n’agressent pas. », explique un membre du Collectif de Lutte Contre les Extrêmes Droites 63. Ces temps-ci, de plus en plus d’autocollants aux couleurs de ces différents groupes sont visibles un peu partout dans Clermont.

Suite aux tags, un rassemblement antiraciste était organisé place de Jaude. C’était le 19 février 2022. Il y a presque un an jour pour jour. Respect, bonne humeur, fraternité, lutte. Puis violence. Des membres de groupuscules ont agressé plusieurs participants. « C’est un groupe très dangereux. Ça nous a surpris autant de violence. », explique Samir.

Les intimidations, les militants les subissent toute l’année. Nous avons recueilli le témoignage de l’une d’eux lors d’un de nos articles ce mois-ci. Elle se rendait à la manifestation contre la réforme des retraites. Elle a été suivie par quatre hommes cagoulés. Toute l’année, l’UNEF est victime de dégradations et d’agressions. Là-aussi, on pourrait faire un livre avec tout ce qu’on a pu écrire dessus. La dernière agression date de fin janvier. Médiacoop aussi a été intimidé.

Jusque devant nos portes

Hier matin, on reçoit un message. Une agression à L’Hôtel des Vil-es a été commise samedi soir. Là-bas, quelqu’un nous ouvre la porte. Il nous raconte la mésaventure autour d’un café. « C’était Samedi soir. Je crois qu’il y avait une soirée antifa au Raymond. Ça frappe à la porte. Mon collègue ouvre. On lui demande deux fois T’es antifa ?! puis il se fait gazer et les gars défoncent la porte. Quand on est sortis, ils se sont enfuis. C’était 4 jeunes, ils avaient l’air nouveau. ».

« Le problème, c’est qu’il y a quelques années, c’était simple de les identifier. Maintenant, après la dissolution, on ne sait plus qui est qui. Il y a des anciens de Clermont Nationaliste, des nouveaux de La Cocarde, l’Action Française et des sympathisants. », indique le membre du collectif LCED63

De tendance royaliste, l’Action Française, c’est un des plus important groupuscule d’extrême-droite en France et dit « oeuvrer pour la défense de l’intérêt national ». Clermont Nationalistes est bien plus récent. Le groupuscule ne se cache pas et affiche sur les murs et en ligne sa haine et ses idées nauséabondes. La Cocarde Étudiante de son côté, est un syndicat extrémiste qui tente de s’implanter dans les universités, notamment à Clermont, sous couvert de vouloir raviver la droite chez les étudiants.

Mobilisation

LCED63, Nous Aussi 63 et d’autres structures organisent une manifestation samedi 25 à 15h au départ de la Place de Jaude.

Communiqué : Face aux extrêmes droites, leurs idées et leur violence : ne nous laissons pas faire ! Depuis plusieurs années nous assistons à une importante montée des extrêmes droites partout en France et leurs groupuscules violents pullulent dangereusement dans les rues clermontoises. Depuis maintenant plus d’un an, les attaques sur des militant·e·s, les intimidations, les vols, attaques sur les locaux se multiplient. Les extrêmes droites n’ont qu’un objectif : faire reculer les droits humains acquis par nos aîné·es, faire triompher l’obscurantisme et la haine, et ce par tous les moyens possibles. Pour cela, ils ont la stigmatisation et la violence. Nous avons la solidarité, le partage, la démocratie. Ensemble, faisons front !

« Notre réaction, c’est celle d’un citoyen républicain. Un citoyen touché par des actes qui deviennent banales. Pour répondre, il faut se rassembler. Il faut trouver d’autres citoyens qui sont conscients du danger. », affirme Samir. Pour le collectif, il semblait important de créer une démarche physique pour accentuer l’impact de son message contre les actions des groupes d’extrême-droite.

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