Malgré les mobilisations des derniers mois à Clermont, orchestrées par plusieurs collectifs de défense des droits tels que RESF ou la Cimade et malgré les vacances d’été censées faire souffler les enfants, des familles se retrouvent encore sous la menace d’une expulsion, ici et ailleurs. En effet, la période estivale est bien souvent l’occasion pour les services de l’État de multiplier ce genre de démarches.
Nos dernières données mentionnaient une vingtaine d’enfants menacés. Deux au collège Trémonteix de Clermont, trois au collège Albert Camus de Clermont, une au lycée professionnel de Chamalières, deux enfants de la maternelle Jules Verne, un élève de l’école primaire Ferdinand Buisson, deux de l’école Nestor Peret, trois de l’école Jean Moulin, trois également à Victor Duruy, un à l’école Jules Ferry de Cébazat et un autre à l’école Alphonse Daudet.
À l’école Jean-Philippe Rameau, en moins d’un mois, trois familles ont été touchées par une OQTF. C’est le cas de celle de Sarah, Akmar et Fatma Zohra, tous les trois élèves à Clermont-Ferrand.
À Rameau, Quinet et Quilliot
La famille s’est installée en France il y a cinq ans. Trois enfants sont scolarisés ici, dans différents établissements de Clermont. Sarah est au collège Roger Quilliot en 5ème, Fatma Zohra est en primaire à l’école Edgar Quinet, non loin de Gaillard. Enfin, Akram est en petite section à l’école Jean-Philippe Rameau et passera en moyenne section l’année prochaine.
Le couple a également une petite fille de 6 mois, Maryam. Sans oublier Ritadje actuellement en Algérie. Cela fait 5 ans qu’ils n’ont pas pu voir leur fille. En effet, pour ces parents, la situation est compliquée.
Menacés depuis 8 mois
Peintre dans le bâtiment, le père de famille est dans l’impossibilité de travailler du fait de l’absence de régularisation de son titre de séjour. Pas de chance, travailler semble être un argument positif pour se voir renouveler un titre. C’est le cercle vicieux habituel en termes de droits des étrangers en France.
Pire, la famille est sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français depuis 8 mois. Dès réception de la mauvaise nouvelle, de nombreuses personnes ont pu témoigner de la bonne intégration en France de la famille en rédigeant une attestation de soutien pour cette dernière.
« Les équipes enseignantes ainsi que leurs proches sont sous le choc de cette nouvelle. », peut-on lire dans la pétition. De notre côté, des agents d’accueils de loisirs nous ont en effet témoigné leur émotion face à cette nouvelle alors que la famille s’investit fortement dans la vie associative, scolaire, extra-scolaire et de quartier depuis son installation.
Après une première OQTF reçue en novembre, les recours tentés par la famille ne semblent pas avoir porté leurs fruits. « Par cette pétition, nous demandons au préfet de revenir sur cette décision et d’examiner au plus vite leurs demandes de titre de séjour. Aidons-les à poursuivre ici la vie qu’ils se sont construite et permettre à tous les enfants de cette famille de se retrouver avec leurs parents. », stipule la démarche en ligne dont le lien d’accès figure ici : Accès à la pétition