Chers ami-e-s,
L’année s’achève et elle n’a pas été des plus faciles. Si nous avons l’habitude de donner la parole, nous la prenons rarement. Pourtant, cette année aura été des plus éprouvantes que l’on ait eues à vivre avec Mediacoop.
Bientôt 9 ans que nous avons créé notre média indépendant. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on en a vécu des trucs. Parfois, on oublie de vous raconter les lettres anonymes, les coups de pression dans la rue, les coups en douce. On estime que ça fait partie du job, qu’être journaliste indépendant, c’est aussi payer le prix de la liberté. Et ce prix-là nous est inestimable.
Alors, parfois, on a tendance à recevoir les coups, et se taire. Avancer, continuer. Mais, cette année, ça a été loin, la maison d’Eloïse a été mise sur les réseaux sociaux par l’ultra-droite, ainsi que son adresse, et toutes ses coordonnées. Il a fallu déposer plainte et rester vigilants. Autre dinguerie du genre : Des membres complotistes d’un groupe sur le Net, « Saccageclermont », pour ne pas le nommer, a été raconter qu’on appartenait à la mairie …Inventant des liens entre nous et le conseil municipal actuel. Là, encore, il a fallu saisir la justice. Et depuis quelques mois, notre site est victime d’attaques récurrentes. Ca nous coûte du temps et de l’argent. Alors, on sait bien que c’est le boulot. Que l’ultra-droite, ou les complotistes qui montent des groupes pour leur intérêt personnel en manipulant les gens, ça existe et qu’à nous seuls, on ne fait pas toujours le poids. et que ça fait partie du combat. Ca nous ramener à l’essentiel d’ailleurs : Contrer les idées d’extrême-droite, et lutter contre la fake news. On aura été en plein dedans cette année…
Mais honnêtement, ça nous a usés… Heureusement, on a continué à couvrir les luttes justes et joyeuses. Chaque semaine, nous sommes allés dans des classes bosser en Education aux médias. D’ailleurs, on remercie ici tous les profs qui nous font confiance. Sans eux, Mediacoop n’existerait plus.
Et puis, cette année, on n’a pas trop osé vous demander de participer à notre financement, on sait que c’est dur pour tout le monde. Mais en ces périodes de fêtes, s’il vous reste quelques pièces au fond de votre poche, et que ça vous tente bien de financer un média libre qui prend des risques, qui enquête, qui sort des infos en toute indépendance, ça nous ferait bien plaisir. Pour une raison simple : Cette année, sans notre enquête du mois de mai, l’ultra-droite serait toujours dans les tribunes du Clermont Foot. Le café Le brind’zinc aurait fermé ses portes à cause d’une sale histoire de terrasse mal gérée par la mairie. Vous n’auriez pas su que les mines de lithium arrivaient en Auvergne. Vous ne pourriez pas être au courant des luttes en cours, des manifestations. Vous n’auriez pas eu l’analyse historique de la bande de Gaza.
Bref, on s’attelle à faire notre boulot correctement. Et vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre notamment sur Instagram, alors qu’on est des billes sur les réseaux sociaux. Bref, vous êtes de plus en plus nombreux, mais vous donnez de moins en moins. A ce rythme-là, faut qu’on se rende à l’évidence, on ne pourra plus bosser.Ainsi, on a réfléchi, devenir payant? Faire des abonnements ? Fermer ? parce qu’on ne bosse pas gratuitement, qu’on n’est pas bénévoles et que nos enquêtes, ça prend du temps. En discutant avec nos potes de Streetpress, on s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas continuer à être gratuit. Mais, qu’il fallait qu’on soit à prix libre. Que chacun file ce qu’il peut pour financer ce qu’il vient de lire. Alors, voilà, on sait que vous lisez nos articles, mais on ne peut plus le faire gratuitement, aussi, vous pouvez donner de temps en temps, une fois par mois, une fois par an. Mais il faut vous rappeler qu’on ne peut pas être gratuit. Que notre travail, c’est d’écrire, enquêter, qu’on doit être payés pour ça. Et parce que l’année prochaine, on aimerait vraiment bien pouvoir continuer. Mais, ça, ce sera impossible sans vous…
On nvous souhaite, en attendant, une superbe fin d’année. On fermera du 24 au 2 janvier. Nous sommes un peu épuisé-e-s par l’année qui vient de s’écouler. Et on dédie cette dernière newsletter de l’année à Jacqueline, morte de l’amiante, ce mois-ci…Parce qu’en 2023, l’amiante continue de tuer… Rendez vous sur notre site pour faire un don. Déjà 186 personnes nous donnent chaque mois, chaque année. Vous êtes en moyenne 3500 à lire chaque article …On n’attend plus que vous !