La convocation d’une réunion se fait au soleil. Militant.e.s et hébergé.e.s sont rassemblés en rond.
Simon de RESF commence : « La mairie a décidé de fermer la maison du peuple. Cela devenait trop compliqué. Le 9 août, tout le monde devra partir. »
Le militant en convient: « Ce n’est pas un lieu pour vivre. Et la maison devra rouvrir en septembre pour accueillir les événements prévus dedans. »
Mais ce que réclament les présent.e.s « Que tout le monde ait une solution de relogement. »
Malheureusement, les propositions de la préfecture restent bien maigres. « 30 personnes déboutées pourront bénéficier de 2 fois 15 jours. »
Le maire quant à lui veut travailler avec une association pour s’occuper de la maison du peuple, le temps des transferts et pour q’un règlement intérieur soit respecté, le temps du relais. « Il va veiller à ce que personne n’entre désormais. »
Il a semblé assurer ne pas envoyer les forces de l’ordre. « Humainement et politiquement, il ne peut pas faire ça ! »
Lors d’une réunion en mairie hier, de nombreux représentants des services municipaux étaient présents. « Et comme d’habitude, aucun représentant du département. » Siffle Simon qui a deux exigences auxquelles de toutes façons, personne ne cèdera : « Nous refusons toute mise à la rue avant le prochain gouvernement. Et nous ne voulons pas de la fermeture de la maison du peuple tant que tout le monde ne sera pas à l’abri. »
Il restera toujours une quarantaine de personnes sur le carreau auxquelles aucune solution n’a été proposée. Sans parler des départs en vacances des bénévoles qui depuis des mois se relaient sur le campement.
Dans un silence absolu, la réunion s’est terminée. Pas résignés mais quelque peu fatigués, les présents se regardent, se tournent vers les traducteurs. N’osent poser de questions. Simon, dans son habituelle énergie, est déjà occupé à aider une femme à remplir un dossier.
Puis chacun se lève, les enfants tournent sur des trottinettes à vive allure dans la cour de la maison du peuple. « Regarde comme je vais vite » Interpelle un petit garçon de 5/6 ans, dans un français impeccable. Une petite fille tente de le rattraper. En vain. Elle sourit. Une femme ramasse le linge étendu entre deux arbres. Un garçonnet de 10 ans vient se réfugier dans les bras de son père, qui l’enlace tendrement, debout au milieu des militants et autres hébergés.
On pourrait presque croire, qu’ici, parfois, on a pu vivre quelques instants de bonheur…

NB : La préfecture a tenu une conférence de presse ce jour à 15heures. Nous avons été le seul média à ne pas avoir été prévenu et invité.