La pluie fine écorche la place clermontoise, à 18H30. Le soleil commence à tomber, et quelques 500 personnes se rassemblent au pied de la statue. Malgré la météo et le ramadan, militants mais aussi simples citoyens n’ont pas loupé le rendez-vous. Le collectif Nous aussi, à l’initiative de cette manifestation, a été rejoint par nombre de structures, syndicats, et partis politiques. Ainsi, flottent les drapeaux d’Attac, de la France Insoumise, du Parti Communiste, du FPRA (collectif antifasciste), de l’Union Etudiante, du CAS (Comité d’Action Syndicale), mais aussi d’Europe Ecologie Les Verts et des Jeunes Communistes. La FSU, la Confédération des Associations Africaines d’Auvergne, l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) complètent cet appel unitaire.

Sous un barnum, les prises de parole se sont succédé afin de dénoncer la progression latente et rapide des idées racistes. Nombre d’intervenants ont parlé du contexte international, avec l’actualité mortifère qui s’abat sur Gaza. Beaucoup ont insisté sur la banalisation de faits xénophobes. La politique de Donald Trump, mais aussi celle de la préfecture du Puy-de-Dôme. Ces derniers jours,cette dernière a effectué des arrestations devant les distributions alimentaires, selon RESF.

La députée insoumise, Marianne Maximi, et le député écologiste, Nicolas Bonnet, ont eux aussi dénoncé une période inquiétante.
A l’heure de la fin du jeûne du Ramadan, des dattes ont été distribuées aux manifestants.

Sous le rythme d’une fanfare qui reprend « El pueblo unido jamàs serà venido »*, les participants au rassemblement se sont donnés la main afin de faire « la ronde de la fraternité ».
Alors que la nuit tombe, nombre d’entre eux se mettent à danser. Il est un peu plus de 20 heures. « Cela fait du bien ce genre de manifestation. Car, la lutte est compliquée actuellement. Le racisme reste un délit, et pourtant, on dirait qu’il est entré dans la norme. » Exprime une citoyenne dans la ronde.

Des militants sourient. « C’est vrai que désormais, il faut se battre pour ce qui est normalement acquis. Le racisme c’est le combat de tous et toutes. Ce n’est pas le monopole de la gauche. Et pourtant, ici, aucun représentant des partis de droite ou du centre n’est présent. »
Un constat partagé par beaucoup : »Le racisme, c’est désormais une stratégie électorale. Mais, ce n’est pas une question politique. C’est une dérive de la société » Explique un étudiant.
Ainsi, samedi soir, les militants reprenaient le sourire, malgré un contexte national et international complexe et parfois décourageant. « Etre ensemble, pour défendre des idées d’égalité et d’humanité, ça nous fait notre samedi soir » Raconte une jeune femme.
Dans la nuit tombée, à la lumière du théâtre éclairé, accompagnée de chants et de fanfare, samedi soir, on a dansé sous la pluie…En attendant les beaux jours.
- La chanson « El pueblo unido jamas sera venido » a été écrite en 1973 en soutien à Allende, quelques mois avant le coup d’Etat au Chili.
1 réflexion sur “Et nous avons dansé sous la pluie…”
On peut regretter l’absence des gens car 300 personnes seulement. Le problème est que le racisme échappe à cette réalité de la rue et il est surtout vectorisé sur les réseaux sociaux. Quelques tags mal orthographiés, des dessins approximatifs, des insultes sur les messageries. certes il y a eu des crimes de personnes en raison de leur religion ou de leur appartenance ethnique. Mais ces faits ne doivent surtout pas donner à penser que le racisme est revenu. LFI ne cesse de polémiquer sur le rôle des médias qui accompagneraient le racisme et la violence ; mais dans ce parti, l’autre est vite considéré comme une menace, seuls ceux du clan sont vertueux. Cette forme d’organisation est vraiment archaïque. Un parti n’est pas un clan et doit accepter la critique et en faire quelque chose, faire mieux ( j’évoque ici un constat vécu). Pas si simple quand le faire mieux veut dire faire pareil et ne pas changer quoique soit. Le racisme n’est pas dans la société ni dans les individus. Alors le mieux est de s’abstenir de devenir plus bête : ne plus regarder CNews, ne plus ouvrir facebook, participer à des réunions, faire des associations, regarder LCP mais aussi les séances du Conseil départemental. Aller voir sur les archives de la BNF ( c’est gratuit), faire du sport, aller une après midi vers les quartiers cosmopolites, écouter les racistes de pacotille. S’éclairer en 29 minutes, tous les soirs sur ARTE. Etre ensemble ; ça se cultive un peu tous les jours. Et aussi s’interesser à un fait de société mais à fond pour se défaire des préjugés.
« Les réseaux sociaux ont profondément transformé notre manière de communiquer, de partager et d’interagir avec le monde qui nous entoure. » Mais pas pour le bien vivre, c’est tout le contraire et on peut s’en passer sinon c’est la fin de l’humanité vivante. 2004 ; le cancer Facebook. Puis Twitter, etc. C’est là, la source de la violence des inter dits qui deviennent des inter actions mortifiantes.