« Etudiants précaires, personnel en colère »

Ce matin, 2 avril, les 26 CROUS du territoire national sont en grève. Les agents dénoncent des manques de moyens. Explications.

8 Heures du matin. Les pieds frigorifiés par le froid trop longuement installé sur la capitale auvergnate. Il ne reste plus qu’à danser. Nadia, agente du Crous, et syndicaliste CGT met la musique tout en expliquant la colère. « Nous sommes évidemment pour le repas à 1 euro pour les étudiants. Mais, comment allons-nous gérer l’augmentation du nombre d’étudiants en Restauration Universitaire ? » En effet, mise en place à partir du 1er mai, cette réforme devrait permettre l’affluence des jeunes dans les RU.

Car, comme le rappelle l’Union étudiante, syndicat présent à la manifestation : « 23 % des étudiants loupent plusieurs repas par mois, faute de moyens. Un étudiant sur 2 ne mange pas à sa faim. Pour la majorité d’entre nous, le reste à charge, en fin de mois pour nos frais de santé ne dépasse pas 50 euros. Le gouvernement veut rendre le service public inopérant pour privatiser. Nous devons nous battre contre cela. »

Nadia de la CGT le rappelle : « L’Etat a prévu 50 millions d’euros pour l’ensemble des CROUS, c’est insuffisant. Nos salaires sont trop bas, et le nombre de salariés ne permet plus d’absorber tout le travail. » Elle-même, agente d’accueil, ne perçoit que 1500 euros nets, après 19 ans au sein du Crous.

A ses côtés, un salarié, plongeur en cuisine, ne reçoit que 1400 euros nets, « malgré mes 36 ans dans la boîte. »

Une prime leur permet d’arrondir leur fin de mois. « On peut percevoir jusqu’à 300 euros en plus. »

D’autres ont été recrutés en CDI, et n’ont pas le statut de la fonction publique. Ceux-là ne touchent aucune prime. C’est le cas d’un homme qui, à 50 ans vient d’être CDIsé, « après 4ans et demi de CDD ». Il touche 1500 euros par mois, sans sécurité de l’emploi.

La Fédération Syndicale Etudiante, elle aussi présente salue l’avancée importante du repas à un euro, mais s’associe à la lutte sociale des salarié.es du Crous. « Nous ne voulons pas manger à notre faim, au détriment des travailleuses et travailleurs. Nous sommes solidaires à ce mouvement de grève. »

La manifestation se termine par le discours de Nadia : « Nos corps sont abîmés, nos têtes sont fatiguées. Et nos vies valent moins que leurs économies. » Puis à l’assemblée de crier d’une seule voix : « Etudiants précaires, personnel en colère : Solidarité ! »

Au niveau national, une délégation d’une centaine de personnes se rend ce matin au ministère afin de faire entendre leurs revendications.

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