Le rendez-vous est donné au centre de triage de la SNCF, sur le site des Gravanches. Ici, avant l’ouverture à la conccurrence du Fret, 1200 trains étaient triés. Aujourd’hui, il ne sont qu’une centaine à passer par ici. L’effectif salarial a été divisé par 7. Désormais une soixantaine d’agents continue de travailler sur le site.
Un constat alarmant pour les cheminots de la CGT. Alexandre Miklas, syndicaliste, n’en démord pas. « Ils ont arrêté les wagons isolés, par exemple. Certaines petites entreprises, par exemple, ne pouvaient remplir qu’un ou deux wagons. Bon, ben, ceux-là on les a laissés tomber et ils se sont tournés vers le transport routier ! »
Selon un rapport, la réseau en AURA a perdu 234 kilomètres en 8 ans. n peu plus que la distance reliant Aurillac à Lyon.
Les voies sont classées en fonction de l’importance du trafic : des plus utilisées (UIC 1) aux moins utilisées ( UIC 9). Ce classement est essentiellement lié au tonnage et non au nombre de trains. En Auvergne, nous n’avons aucune ligne de 1 à 4, 2 lignes UIC 5 et 6 et 15 lignes UIC 7 à 9. Lorsque l’on regarde de plus près l’état des voies notamment pur ces petites lignes secondaires, on apprend que certaines atteignent l’âge canonique de 58 ans ! Notre région est confrontée à une équation particulièrement difficile, car le classement détermine les investissements et leurs financeurs. Les lignes 7 ) 9 la responsabilité est transférée aux régions, sans leur donner les moyens nécessaires. Des lignes telles que Volvic-Le Mont-Dore ou Montluçon-Ussel ont dû fermer.
Une preuve que le réseau régional est totalement désinvesti. Les voies de la Ligne de Saint-Geramin des fossés allant à Darsac , sont âgées de plus de 80 ans.
Dans ce rapport fourni par le syndicat, on peut comptabiliser une quarantaine de gare fermées.
Les ITE sont des Installations Terminales Embranchées, des voies privées appartenant à une entreprise (usine, entrepôt, carrière) qui les connectent directement au réseau ferré national. Cela permet de charger ou décharger des marchandises sans rupture de charge. Sur les 47 désormais non utilisées, 9 sont en bon état, 21 en mauvais état, et 17 sont inutilisables. Seuls 3 font l’objet d’un projet de réutilisation.

Ainsi, la CGT Cheminot dénonce un dégradation des infrastructures, dans une période écologique où le retour au ferroviaire semble indispensable. « Nous ne sommes pas en accord avec la loi de financement et nous avons des propositions concrètes. Reste qu’il faut nous entendre, on a décidé de se faire entendre. »
La loi de financement sur le développement des transports sera examinée à partir d’aujourd’hui au Sénat. La CGT demande plus de clarté quant au projet qui prévoit notamment la renationalisation des autoroutes en 2032, ce qui rapporterait 2,5 milliards d’euros. « Nous regrettons que ce projet de loi soit peu engageant pour l’Etat. Il introduit des montages financiers complexes et entretient un sous-financement chronique du système ferroviaire. » Les cheminots tiennent à rappeler que sans investissement massif, la région Auvergne pourrait devenir un désert ferroviaire.