Agriculteurs en colère à Clermont-Ferrand

Les agriculteurs en colère sur la Place de Jaude

Venu des quatre coins du Puy-de-Dôme, les tracteurs se sont rassemblés sur la place de Jaude ce 22 octobre à partir de midi en un impressionnant ballet de poids lourds. À l’appel des syndicats FNSEA et de Jeunes Agriculteurs (JA), les éleveurs, agriculteurs et ouvriers agricoles se sont mobilisés partout en France pour un blocage dans chaque département et ainsi donner suite aux revendications du 8 octobre.

« France, veux-tu encore de tes paysans ? » C’est la question que se posent les agriculteurs en colère rassemblés sur la place de Jaude ce 22 octobre. Face à la baisse du cours des produits agricoles, les sécheresses consécutives de ces deux dernières années, l’ouverture des frontières pour une importation aux prix hors concurrence et une série d’arrêtés imposés par les politiques, les agriculteurs craignent pour leur survie. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’ils se mobilisent cette année en Auvergne. Déjà ce 18 mai, ils étaient présents pour dénoncer le poids des normes administratives et industrielles avec le collectif Hors Norme, et ce 8 octobre, ils organisaient un premier blocage pour sensibiliser les citoyens sur leurs conditions.

« On est en train de crever ! » déclare François, éleveur de 70 vaches dans le Puy-de-Dôme. « On se sent déconsidéré. Le manque d’intérêt des politiques avec une série d’arrêtés incohérents, nous met au pied du mur. On se pose la question de la pérennité et de l’autonomie de notre agriculture. De plus en plus d’entre nous baissent les bras. Mais les citoyens ne se rendent pas compte que ce qui est perdu aujourd’hui le sera définitivement. Il ne leur restera plus que des produits importés de l’autre côté du monde, à un prix moindre mais surtout d’une qualité exécrable. »

Les tracteurs rassemblés sur la place de Jaude

Produire plus sain, c’est ce que demande Macron aux agriculteurs. « Nous sommes d’accord d’agir pour améliorer l’alimentation produite en France » proclame Paul Bony, vice-président du FNSEA 63, « mais il faut aussi nous en laisser le temps et les moyens. Toutes ces nouvelles prérogatives sont basées sur des constats scientifiques qui ignorent la réalité du terrain. Et à côté de ces restrictions écologiques et sanitaires – que nous comprenons – la France ouvre ses frontières à l’importation de produits dont la qualité n’est pas vérifiable. Il y a ici une incohérence totale entre les belles paroles du gouvernement et ses actions. »

« Et la situation n’est pas seulement problématique pour les agriculteurs, elle l’est aussi pour tous les ouvriers de l’industrie agro-alimentaire. C’est ce qu’on a vu lors de la fermeture de la sucrerie de Bourdon. 400 planteurs et 100 salariés se sont retrouvés à la porte, à la suite de la baisse du prix de sucre et à la hausse de l’importation. Nous devons revaloriser l’agriculture en France et lui donner les moyens d’exister. »

Paul Bony, vice-président du FNSEA 63

Si la France veut une transition écologique de son agriculture, elle a tout intérêt à mettre rapidement en place les moyens de la concrétiser avant de perdre tous ses agriculteurs. Car comme on peut le lire sur l’un des tracteurs : « Demain des broussailles plutôt que des champs ? », l’agriculture risque de dépérir avant. Et au cas où la préfecture n’a pas compris le message, des branchages ont été déversés devant ses portes durant le cortège.

Branchages déversés devant la préfecture

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