Au CIAS de Riom Limagne et Volcans : le grand ras-le-bol

Des décennies que les services publics sont à la peine. La santé, le social et le médico-social en tête. Des décennies également que la grogne monte et que la voix des agents se fait entendre. Cet après-midi, c’est devant le CIAS d’Ennezat que la mobilisation avait lieu. Le Centre Intercommunal d’Action Social est l’établissement relié à la Communauté de Commune Riom Limagne et Volcans en charge des services de soins et d’accompagnements. Le centre regroupe un ehpad, un service d’aide à domicile, un service d’infirmiers à domicile et un service de portage de repas et. En tout, près de 200 agents.

Une fusion et puis s’en vont

Ça ne part pas de là exactement. Des difficultés, il en existe depuis plus longtemps mais, en 2019, la fusion d’un service de Riom et de l’ancien CIAS accentue le phénomène. Le manque de moyens impose de tirer au maximum sur les agents et leurs capacités. Les conditions se dégradent. Plus personne ne veut faire ce travail et des employés s’en vont. Par manque de personnel, on tire encore. Et ainsi de suite. Un cercle vicieux.

« Les agents sont en colère et le font savoir »

Entre midi et 15 heures, une soixantaine de personnes se sont rassemblées devant le siège du CIAS à l’appel de la CGT et de l’UNSA. L’Union Locale de Riom, des salariés, leurs représentants et des retraités étaient là en renfort. Des prises de parole s’enchainent. « Les agents n’acceptent plus d’être invisibles. », « Les dégradations, la souffrance vécue par les agents, les plannings gruyère, les déplacements non pris en charge, l’amplitude horaire extensible, les remplacements intempestifs. ». Boris Bouchet, Conseiller Municipal PCF de Riom et Conseiller Communautaire est venu soutenir le mouvement. « La situation est de plus en plus difficile pour les agents alors que prendre soin de nos ainés est un enjeu de société. », lance-t-il.

« Il y a de grosses problématiques au CIAS, salariales et organisationnelles. », confirme Nathalie Albisson, secrétaire CGT START (Syndicat des Territoriaux Actifs et Retraités du Territoire de Riom Limagne et Volcans). Gilles Lombard, secrétaire départemental de l’UNSA précise : « les salariés ne connaissent même pas le jour de repos qu’ils auront la semaine suivante. ». Nathalie indique que par trois fois, le président de la collectivité a été sollicité, sans réponse. Même silence de l’élue en charge des affaires sociales « Ça ajoute du mépris. », s’agace la représentante. « La question, c’est Que veulent les élus du territoire pour les personnes âgées ? », ajoute Béatrice de l’UNSA.

Fatigue physique et mentale

Sandrine est auxiliaire de vie à domicile depuis 17 ans. Après sa prise de parole, nous allons à sa rencontre. « On ressent de la fatigue physique et morale, c’est un ras-le-bol », souffle-t-elle. Les conditions, elle a eu le temps de les voir se dégrader. « On manque de personnel et on fait des journées très chargées ».

Cette situation se ressent pour les salariés et les usgaers. Flore a dû placer ses parents dans l’ehpad du CIAS en juillet. Sa mère a 89 ans et est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Son père à 92 ans. « On a remarqué des lacunes dans les soins et dans l’hygiène. Il faut être derrière eux tout le temps. », s’agace cette dernière. Elle raconte que l’un de ses parents n’a pas reçu de douche pendant trois semaines.  

Au bout d’un système qui ne fonctionne plus

Si le problème concerne tout le monde, il existe aussi pour toutes les branches du secteur. Hier à 10h30, un rassemblement général des travailleurs du social et médico-social avait lieu devant le Conseil départemental. Le Ségur pas accordé, en partie ou totalement, le manque de considération après les efforts durant la crise et le manque de moyens étaient encore une fois pointés du doigt.

Salariés et syndicats l’affirment, partout où l’injustice, les inégalités et les mauvaises conditions de travail mettront les agents en difficulté, la lutte continuera.

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1 réflexion sur “Au CIAS de Riom Limagne et Volcans : le grand ras-le-bol”

  1. CHARBOTIER LAURENT

    C’est totalement injuste envers ces femmes qui font de leur mieux la les personnes qu’elles ont en charge ( j’en ai fais partie).
    Et le peu de reconnaissance et de considération qu’elles obtiennent.
    Merci à toutes pour vôtre dévouement et votre courage.
    C . L

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