Un bien intriguant ramdam se prépare à Clermont et ses alentours. Vous connaissez Le Dernier Cri ? C’est un atelier d’édition historique de la Friche de la Belle de Mai à Marseille. Un laboratoire d’édition indépendant, inventif, grinçant et subversif. « D’un squatte de la banlieue parisienne, en 1993, j’ai commencé à fédérer des gens puis je me suis installé à la Friche de la Belle de Mai », explique son fondateur Pakito Bolino. De là, l’atelier de sérigraphie se développe. La structure éditoriale se veut polymorphe et aux antipodes de l’illustration et de la culture conventionnelles. Les œuvres réalisées par un nombre incalculable d’artistes différents sont assemblées pour élaborer des livres. Le réseau du Dernier Cri s’élargit bien au-delà du pays, tout autour du monde.
25 ans depuis quatre ans
En 2018, Le Dernier Cri fêtait ses 25 ans. Pour l’occasion, l’atelier a décidé de marquer le coup en créant un film d’animation à partir des sérigraphies réalisées par les artistes. C’est le MONDO DC, un film proche du docu-fiction sur un pays imaginaire. Réalisé en numérique sous la direction de Pakito Bolino, le film se compose d’une série de courtes séquences matérialisées par une quarantaine d’artistes internationaux. Mais voilà, après deux ans de travail, le contexte sanitaire n’a pas vraiment permis au collectif de présenter son œuvre. Mais pour les plus chanceux, des représentations ont lieu, notamment à Clermont-Ferrand et Riom ce soir et demain.

Flash acidulé
La première date est organisée par Cinéfac, le ciné-club des étudiants et de tous les passionnés de ciné. Acteur majeur de la vie culturelle clermontoise, le club s’est associé à l’école de musique de Riom pour une seconde représentation le 03 mars après celle de ce soir au Petit Vélo.
À midi, on rejoint l’équipe du spectacle pour une présentation en règle. En plein montage, les artistes et organisateurs font une petite pause. Au moment du café, autour de la table : Marc Brunier-Mestas, graveur de Riom, Pakito Bolino, fondateur du Dernier Cri, le cinéaste Gregory Robin et Stéphane Haddouche, responsable de la programmation de Cinéfac. « Le projet est totalement auto-produit, », explique Pakito Bolino. Ce dernier promet un spectacle psychédélique, criard et détonant, « une expérience psyché sans drogue ».
Prise de risque
Le genre du spectacle ? Trop réducteur de le définir. Le personnage principal pourrait être l’improvisation. Au total, six musiciens improviseront sur les plans qui défilent. Deux batteurs ont été glanés à l’école d’architecture. « C’est un projet magique », explique Marc Brunier-Mestas qui a réalisé et animé des gravures pour l’occasion. « Une prise de risque, soit c’est génial, soit c’est catastrophique », ajoute le cinéaste Gregory Robin. En effet, l’improvisation tient une grande place et l’équipe qui change à chaque représentation ne répète qu’à peine avant le grand soir. De la culture pure, sans bride, sans frontière et sans censure.
Retour aux sources
« Quand on montre avec le son, c’est plus perceptible pour les gens », explique Pakito Bolino. Pour lui, faire un ciné-concert est comme un retour aux sources. Comme à l’époque où la musique des films se jouait en direct. Une occasion pour le public de cinéfac, celui de l’école de musique de Riom et tous les curieux qui viendront prendre leur dose de bruit et de couleurs de sortir de leur zone de confort et de découvrir une œuvre polymorphe, collaborative et explosive. « Ça fait deux ans qu’on veut vraiment le faire », se réjouit Stéphane Haddouche.
Ce soir, le 02 mars, le rendez-vous est à 20h30 au Petit Vélo (10 rue Fontgieve) et demain, à l’école de musique de Riom à 20h. Les deux représentations sont gratuites.