Parc menacé dans le quartier de Champfleuri, mais que fait la mairie ?

Depuis plusieurs mois, un collectif d’habitants se mobilise contre le rachat partiel d’un parc par Bouygues Immobilier dans le quartier de Champfleuri. La mairie, priée par ces derniers d’exercer son droit de préemption ne semble pas décidée à protéger le poumon vert du quartier.

L’espace vert amène une vue imprenable à ceux qui habitent autour. C’est un écrin de nature dans le quartier pour tous les autres habitants. Mais à Champfleuri, les jours du parc des Petites Sœurs des Pauvres sont comptés. Accueillant l’Ehpad du même nom, le parc acquis il y a 160 ans par la congrégation religieuse va être morcelé en quatre parties.  Les parties nord-est et nord-ouest seraient promises à Bouygues Immobilier dans son programme « Garden City – Inten’City ».

Ce qui a mis la puce à l’oreille des habitants, c’est que certains se sont vus proposés par l’agence de vendre leur maison à Bouygues. « En allant vérifier, on a découvert en juin, sur son site internet que Bouygues Immobilier vendait des appartements situés dans le parc », explique Nicolas Wroblewski, membre du Collectif Champfleuri. Deux des quatre morceaux du parc seraient actuellement promis au promoteur. 

Face à la situation, un premier collectif, celui du Domaine des Arts, a été créé par des habitants vivant en face du parc en mars dernier. Aujourd’hui, s’y joint le Collectif Champfleuri soutenu par une grande majorité des gens du quartier pour sauver l’espace vert.

Le poumon vert du quartier

Cela fait 160 ans que le parc appartient aux Petites Sœurs des Pauvres. À proximité de la place des Bughes, l’espace privé accueille la maison de retraite dans un espace de près de 3 hectares. Une grande partie est qualifiée « Espace Boisé Classé » et comprend plusieurs arbres classés eux aussi. « Le parc se situe juste en face d’une école maternelle. Il comprend de nombreuses espèces protégées comme des chauves-souris, des écureuils roux, mésanges et hérissons. La LPO a écrit plusieurs notes d’information pour attester leur présence », précise Nicolas Wroblewski. « Au niveau de la biodiversité en place, la décision de la mairie de ne pas exercer son droit de préemption est incompréhensible. », ajoute ce dernier. 

Des habitants en colère 

Alors que les habitants du Domaine des Arts ont déjà fait part de leur indignation auprès de la mairie en mars dernier, les habitants du quartier Champfleuri se mobilisent à leur tour contre le projet de bétonisation dangereux pour la zone arborée. Les résidents ont lancé une pétition recueillant à ce jour plus de 500 signataires. L’objectif : empêcher la mairie de délivrer les permis de construire dans les jours à venir.

« On a monté le collectif pour informer au maximum les gens du quartier. On mène notre combat depuis 4 mois maintenant », explique Nicolas. Celui-ci tient à préciser que le collectif n’est pas contre la densification de la ville. « On souhaite juste préserver l’intégralité du parc pour maintenir la biodiversité et l’écosystème en place depuis près de 160 ans ».

Une course contre la montre 

Le projet immobilier annonce la disparition d’une partie non négligeable de l’espace vert. Pour le collectif, il va non seulement à l’encontre des promesses de campagne du maire Olivier Bianchi mais aussi du Plan Local d’Urbanisme qui souhaite sur le papier développer la nature en ville. Sur les quatre zones du parc, deux devraient arriver entre les mains de Bouygues. La date limite d’instruction des permis de construire est le 16 novembre 2021.

Le collectif targue la mairie d’exercer son droit de préemption et de se placer comme prioritaire sur les espaces verts non classés. Mais pour le moment, la municipalité ne semble pas entendre les doléances. Les habitants souhaitent que la collectivité puisse créer un espace vert public sur tout l’ensemble laissé libre par l’Ehpad ou encore requalifier la totalité du parc en Espace Boisé Classé. Pour l’heure, un courriel et un courrier recommandé envoyés restent sans réponse par la mairie. Nicolas Wroblewski indique que Grégory Bernard et Nicolas Bonnet, adjoints chargés de l’urbanisme et de la nature en ville ont conseillé au collectif d’attendre la validation du projet. 

Une pétition soutenue par le mouvement citoyen Alternatiba est actuellement en ligne, accessible sur le sitechange.org : http://chng.it/jVcWKQTcRr)

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2 réflexions sur “Parc menacé dans le quartier de Champfleuri, mais que fait la mairie ?”

  1. bonjour
    le probléme est  » particulièrement contagieux » sur Clermont Fd…. comme le covid ….mais sans le vaccin pour atténuer les effets délétéres : notre ville est en train d’être engloutie tous quartiers confondus sous des tonnes de béton au nom de la transition écologique !!! de l’écologie ( protégeons les terres agricoles ) ; on refait les mêmes erreurs des années 70 : loger, loger, loger…. entassés, entassés, entassés les habitants, cela fera renter des taxes – foncières par ex – il faut bien trouver de l’argent pour payer de somptueux projets clermontois forcément incontournables pour une future ville dite culturelle; Histoire de politiques, de pouvoirs, d’argent. POINT FINAL ;

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