« C’est un petit garçon qui est dans la classe du mien depuis la petite section. Quand j’ai appris qu’il venait à l’école après des nuits sans sommeil, je n’ai pas su quoi faire. » Puis, Mathilde réagit vite. Elle rencontre la maman célibataire qui explique n’avoir aucune solution d’hébergement depuis le 31 décembre. « Elle appelait le 115 tous les jours, et chaque jour on lui disait qu’il n’y avait pas de place. » L’enfant est donc amené à dormir dehors, ou chez les uns ou les autres de temps en temps. L’hôpital prend quelques nuits en charge.
Mais, comme le rappelle une des infirmières scolaires: « Les enfants ont besoin de stabilité, de sécurité. C’est illégal de laisser ce petit garçon dans cette situation. »
Mobilisation des parents, enseignants et personnels
Parents, professeurs, éducateurs, mais aussi habitants du quartier se réunissent alors pour tenter de trouver des solutions. « Nous étions une cinquantaine dont deux élus de la ville. Et nous avons décidé de mener une action pour que cet enfant ait une solution d’hébergement pérenne. »
Ainsi, demain, mercredi 4 février, à 17H30, une fanfare, et un repas partagé sont proposés à toutes celles et ceux qui veulent soutenir cette maman et son fils.
Appel à mobilisation à 17H30 ce mercredi 4 février
« Depuis, nous avons appris qu’une autre famille allait être mise à la rue car leur enfant aura 3 ans le 17 février prochain. Mais à quel moment 3 ans, c’est un âge acceptable pour dormir dehors ? » S’insurge Mathilde, maman de deux petits garçons.
Un deuxième cas qui a renforcé la motivation des enseignants, parents et personnels. « Certains reçoivent des pressions par les élus sous prétexte du droit de réserve. » S’agacent les parents d’élèves. « Mais leur métier, et leur raison d’être, c’est la sécurité et le bien-être des enfants. »
« A 3 ans, on peut laisser dormir des enfants dehors ? »
Ainsi, le collectif appelle à une réaction de la préfecture qu’il a contactée à deux reprises par courrier. Des lettres restées sans réponse. « Et le département a un devoir de protection des mineurs, mais là encore, personne. »
Demain, dès 17H30, leur première revendication sera de ne pas laisser cet enfant, une nuit de plus dehors, puis de permettre une régularisation administrative, afin que cette mère et son fils puissent trouver un lieu d’hébergement pérenne.
Prise de conscience des parents, et habitants du quartier.
« Nous avons déjà vu que notre mobilisation paie. Certaines personnes éloignées de ce genre de situation se sont senties concernées. Ca permet de visibiliser ce genre de manque d’humanité de la part de nos dirigeants. » S’écrient les parents d’élèves, pour la plupart, émus aux larmes.
Demain donc, un appel à mobilisation est donné à 17H30 devant l’école Aristide Briand. « On ne sera pas méchants, mais on sera déterminés à rester jusqu’à obtenir un peu de dignité pour ces enfants. » A chacun d’apporter un morceau à grignoter et partager.
Une petition est en ligne
https://www.change.org/p/pour-la-mise-%C3%A0-l-abri-les-familles-de-l-%C3%A9cole-aristide-briand-%C3%A0-clermont-fd?recruited_by_id=6f148460-00cc-11f1-86cd-11977e3511e7&utm_source=share_petition&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=psf&utm_medium=sms