Parler d’amour avec les « vieilles » copines

A l'EHPAD de Charensat, les nanas se sont donné rendez-vous pour parler d'amour, de sexualité, entre rires et larmes.

Une petite limonade et les langues se délient. Parce que Agnès, Lily, Nonette, Simone et Huguette ont des choses à raconter. En même temps quand on vit depuis minimum 84 ans, (96 ans maximum) évidemment, on s’y connait un peu en histoires de vie.

Alors, d’abord, parler d’amour, ça ne fait pas peur. Mais l’amour, ça n’a pas toujours été le rêve. Il y a eu les départs, 4 enfants sous le bras, pour fuir un mari alcoolique ou volage. Les bals où des hommes plus beaux que le sien nous font la cour, mais que l’on refuse poliment.

Le mariage arrangé avec un cousin éloigné qui finit par adoucir la vie, malgré tout, « Une vie simple ».

Parce qu’à l’époque, on ne choisit pas vraiment. L’homme de sa vie n’est pas l’amour de sa vie. il fallait alors avoir le courage de se barrer, de divorcer. Lily l’a fait 5 fois. « Je suis toujours partie avant d’etre malheureuse. »

Mais d’autres sont restées, par habitude. « Parce qu’à l’époque, on avait peur de nos réputations et de notre mari. » Alors, l’une raconte combien elle pleurait à chaque fois qu’elle tombait enceinte. « Je me disais que j’avais trop d’enfants. Aujourd’hui, je suis bien contente qu’ils viennent me rendre visite. »

Femme indépendante, femme au foyer, travailleuse acharnée, riche ou pauvre, ces femmes ont toutes aimé. Certaines aiment encore. « Moi j’ai rencontré Roger, il y a 5 ans, 5 ans après la mort de mon mari. Et il est drôlement tendre. »

La sexualité prend place dans la conversation. « On a beau être vieilles, on aime encore ça. Moi, ça me manque pas mal quand même ! »

Mais avant de pouffer de rire, l’une d’elle confie : « Oui, enfin, ça ne va plus au bout, ça se dégonfle avant. »

« Il nous faudrait un petit jeune…70 balais, ça doit bien encore fonctionner. » S’amuse une autre.

« Moi j’ai fait l’amour toute ma vie, avec mon mari. » S’exclame fièrement l’une d’elle, quand sa copine rétorque :  » Moi j’avais trop peur de tomber enceinte, encore une fois, alors j’évitais. Mon mari disait que j’étais froide, mais c’était pas vrai, moi j’aurais bien aimé et même avec d’autres qu’avec lui ! »

Quelques larmes coulent quand elles racontent leur veuvage, la maladie, et la souffrance de ceux qui les ont accompagnés. « Tout n’a pas été rose, mais il a été gentil. Il m’a manqué quand même. »

Il y a bien eu Lucien, le grand amour. « j’étais jeune, bien avant mon mariage, j’étais folle amoureuse, mais un jour, il est arrivé au bal avec une autre. je les ai recroisés un fois des années plus tard, ils avaient un enfant. Qu’est-ce que j’ai eu mal ce jour-là…Oh, je crois qu’on n’aime qu’une fois… »

Les autres acquiescent. « Et encore, une fois c’est déjà beaucoup… »

Il n’empêche, que l’amour c’est pas évident en EHPAD. « On n’a que des lits simples. Faudrait qu’on en parle quand même… »

Ayez, c’est l’heure du goûter, l’heure du bisou.  » Et tu reviens bientôt, parce qu’on ne t’a pas tout dit hein…on te garde le meilleur pour la prochaine fois. »

Pour sûr, aucune chance que je sois en retard la prochaine fois !

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