« La Montagne » et la CGT : Rien ne va plus !

Juste avant les vacances, les médias locaux ont reçu une lettre ouverte du syndicat CGT. Dans ces lignes, les syndicalistes dénoncent la position partiale du journal La Montagne, concernant l'affaire Constellium. Dans l'entreprise d'Issoire, un ouvrier s'est suicidé. La CGT et trois salariés ont été poursuivis. Pourtant, malgré deux ans de procès, ils ont été relaxés. Malgré tout, le quotidien régional, selon le syndicat, n'aura eu de cesse de mettre en cause les syndicalistes dans cette affaire. Explications.

La Montagne a eu 101 ans. Le journal a été fondé par un certain Alexandre Varenne, qui signait ainsi « La Montagne, quotidien socialiste et syndicaliste du centre ». Le 30 septembre 1919, le journal écrivait à la CGT. La missive commence ainsi : « Cher camarade ».

Alexandre Varenne écrit que son journal sera « organe de la classe ouvrière. » Et poursuit : « Ses colonnes vous seront largement ouvertes (…)pour que vous puissiez lutter utilement en faveur de votre organisation syndicale (…) ».

Un siècle plus tard

Un siècle plus tard, c’est le syndicat qui écrit à La Montagne sous la forme d’une lettre ouverte. Mettant en cause le journaliste suivant l’affaire Constellium, la CGT dénonce un manque d’impartialité. Et au syndicat de rappeler que depuis le 13 novembre 2019, le journaliste a écrit 3 articles à charge contre les mis en cause. Les titres sont d’ailleurs relativement éloquents. « 3 syndicalistes et la CGT mis en examen. l’ouvrier a-t-il été poussé au suicide? » , le 3 juin 2020, « Des cégétistes renvoyés devant la justice ». Ces deux articles prennent une page entière. Le 23 mars 2021, une demie page est consacrée à l’affaire.

Alors que les mis en examen sont relaxés, La Montagne ne fera paraître que quelques lignes, dans son édition du 23 novembre 2021.

Pas un mot sur les poursuites que la CGT a enclenchées contre les dirigeants de Constellium. Pourtant, le syndicat a porté plainte contre l’entreprise. Il faut savoir, que malheureusement, plusieurs salariés se sont suicidés, notamment depuis le changement de management.

Un siècle aura suffi pour ternir la relation entre La montagne, journal socialiste et syndicaliste et la CGT.

Alexandre Varenne, héros des médias libres

Alexandre Varenne, sous l’occupation, en 1943, avait suspendu la parution du Journal La Montagne afin de contrer la censure. Mais dès 1940, il refuse d’écrire dans le journal mais continue la diffusion. Certains historiens estiment que le quotidien continuait à exister pour la seule raison que ses imprimeries servaient aussi pour les tracts des résistants.

Bien loin des articles du journaliste d’aujourd’hui et du conflit que La Montagne entretient avec le monde ouvrier. Car la CGT n’est pas la seule à se plaindre du manque d’appui.

Les Luxfer ont pu lire la veille de Noël, un article dans le journal expliquant que leur nouveau projet était avorté. Pourtant, les réunions et les concertations n’ont jamais été autant sur le point d’aboutir. Même le maire,de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi a dû faire un démenti. Pour les salariés Luxfer, l’article aurait pu avoir un effet catastrophique et faire fuir le repreneur en lice.

Nous vous laissons en lecture la lettre de La montagne datant du 30 septembre 1919 envoyé à la CGT, ainsi que la lettre ouverte de la CGT à La montagne, datant du 21 décembre 2021. Vous y comprendrez qu’un siècle, et quelques journalistes et rédacteurs en chef, auront suffi à détruire une ligne éditoriale et le projet d’un media socialiste et syndicaliste.

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