Qu’est-ce qu’on fait…en janvier ?

Vous le savez, on a l’habitude de vous partager nos coups de cœur. Surtout, la culture est toujours la petite dose de soleil qui tranche avec une actualité souvent grise. Alors pour ceux qui sont encore en vacances ou les autres qui ont repris le chemin du quotidien ou qui n’ont tout simplement pas encore eu le temps de souffler, on pose ça là en espérant que vous apprécierez autant que nous.

Décembre… C’est le moment parfait pour se mettre sous un plaid bien chaud et profiter d’un bon bouquin. Nous, on a lu « l’amour« de François Bégaudeau (Verticales, 14.50€). C’est l’histoire d’une vie sans histoire. Enfin bien sûr, on aime, on s’adapte, on tombe malade, on se trompe, on déçoit. Mais, on vit cette existence qui nous est destinée. Sans trop rien demander. Sans aucune autre exigence que de ne pas faire trop de bruit. Jeanne vient d’un milieu social dans lequel elle est vouée à rester. En toute simplicité. Sans un mot. Bosser dans un hôtel. Avoir un mari, un gosse, un boulot. De l’amour, mais pas trop. De la joie, mais sans plus. Une vie simple, qui nous oblige à nous poser la question : Et moi, suis-je vivante? Suis-je heureuse? D’ailleurs, le bonheur, c’est quoi? Un bouquin qui se dévore en 2 heures et qui laisse un sourire aux lèvres. En 2 heures, on peut lire une vie entière. Comme quoi, nous sommes bien peu de choses.

Et puis vous savez, à Médiacoop, on adore les BD. Quel meilleur support pour faire voyager en image ou pour condenser et vulgariser une tonne de savoir? On adore Fabien Toulmé. On a dévoré « l’Odyssée d’Hakim » et on n’a de cesse de recommander cette histoire en 3 tomes. On a kiffé « Suzette« , l’histoire magique d’une grand-mère. Alors, on a acheté « Inoubliables » (Dupuis, 23€). 6 histoires qui racontent 6 événements dans la vie de 6 personnages. Témoin de Jéhovah, détenu repenti, enfant de la guerre du Rwanda, victime de violences conjugales, et des héros de l’amour impossible. Tous racontent à leur manière ce moment de rupture où la vie bascule. Parfois, on aimerait une autre fin, une autre décision mais on laisse les gens prendre leur destin en main. Pas de happy end. Des constats, des choix, des décisions qui permettent d’avancer. Et retrouver les dessins si atypiques de Fabien Toulmé suffit pour nous laisser happer dans ces 6 vies « Inoubliables ».

On vous conseille aussi « Le grand soir » de Philippe Richelle et Pierre Wachs (Glénat, 25€), l’histoire vraie de l’extrême gauche en France avec des dessins en noir et blanc au crayon. De mai 68 à Action Directe, l’histoire de 3 garçons qui veulent y croire jusqu’au bout. Jusqu’au drame de la manifestation chez Renault ou Tramoni tue Pierre Overney. Ce livre retrace les actions maoïstes, et la désertion des pavés et de la lutte pour certains. Un livre d’histoire, qui rappelle le prix de la révolte mais aussi la joie et les drames qui peuvent en découler. Et bien sûr, l’amour des uns, l’amour charnel, et l’amour d’un monde meilleur. Un récit sur l’utopie qui nous fait comprendre les luttes d’aujourd’hui.

Vulgariser, informer autrement, c’est aussi la force du podcast. Rien de bien original, mais on vous conseille les toujours très bons documentaires que sont les émissions des « Pieds Sur Terre » (France Inter) ou « La Série Documentaire » (France Culture). Ces dernières semaines, on y abordait par exemple le Front de libération de la Bretagne, le thème de la pauvreté, les belles familles ou les fêtes qui tournent mal.

On recommande aussi deux albums parmi les meilleurs de 2023. D’abord, « Desire, I Want to Turn Into You » de l’Américaine Caroline Polachek. Sorti en mars, l’album pop s’offre des saveurs de funk, de flamenco ou d’électro. Côté France, on a adoré le dernier album « Saison 00 » du rappeur Luidji. Sorti cet été, le disque parle d’enfance, de construction, d’espoir, d’ambition… Le tout, toujours avec une écriture talentueuse.

Beaucoup de talent, c’est ce qu’on retrouve aussi chez Samuel Chardon, dessinateur originaire d’ici. Ce dernier expose au centre Camille-Claudel une série de dessins réalisés durant toute une année dans les rues de Clermont. Des dessins magnifiques et autant d’histoires et d’anecdotes qui permettent à tous les visiteurs de raconter les leurs lorsqu’un souvenir leur revient à chaque esquisse. Ça s’appelle « Regards sur la ville » et c’est jusqu’au 20 janvier.

Côté ciné, on a beaucoup aimé « Neneh Superstar », histoire d’une jeune adolescente noire des quartiers populaires dont le rêve est de devenir danseuse étoile. Entrée à l’Opéra de Paris, cette dernière doit  travailler et prouver deux fois plus face à des traditions rétrogrades.

On a été émus par « Je verrai toujours vos visages » de Jeanne Herry, exposé de la justice restaurative en France, dispositif de rencontres entre victimes et auteurs d’infractions.

Ce qui nous a bouleversé, c’est d’abord « L’amour et les forêts » de Valérie Donzelli adaptation très réussie du roman d’origine. La fresque sur l’emprise et la violence d’un homme possessif et dangereux dit beaucoup de notre époque de la difficulté à parler et s’en sortir. Le film est très réaliste grâce à des Virginie Efira et Melvil Poupaud excellents.

Il y a aussi eu « Nos Frangins », qui retrace l’histoire vraie de Malik Oussekine, mort en 1986 après une intervention de police et d’Abdel Benyahia, tué la même nuit par un policier.

Sinon, sur grand écran, c’est hier qu’est sorti « L’usine, le bon, la brute et le truand ». Le documentaire met en lumière la dernière usine de fabrication de papier journal 100% recyclé en France, en région parisienne. Fermée depuis 2019, l’usine pourrait être démantelée pour accueillir un site de production d’hydrogène. Mais rien n’est joué, tout est histoire de lutte.

Nos actionnaires, c'est vous.

Aidez-nous à rester gratuit, indépendant et sans pub :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

nos derniers articles
Cet article vous a plu ?

Soutenez le Cactus !

Le journalisme a un coût, et le Cactus dépend de vous pour sa survie. Il suffit d’un clic pour soutenir la presse indépendante de votre région. Tous les dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66% : un don de 50€ ne vous coûte ainsi que 17€.