Une victime lors des manifestations contre les violences policières

Jeudi soir, à Clermont-Ferrand, une manifestation avait lieu pour dénoncer les violences policières. En marge de ce rassemblement, un jeune homme a été frappé par les forces de l'ordre.

Ca a commencé par l’envoi de photos. Mais, il nous fallait vérifier. Trouver des témoins. Nous étions présents lors de la manifestation et avons suivi les participants jusqu’à la fin.

Nous avons pu constater une interpellation d’un jeune lycéen, en larmes lorsqu’il a été menotté. Nous trouvions l’image violente. L’interpelé étant certainement le plus jeune de la mobilisation.

Mais nous n’avons pas vu de violences policières, même si nous avons été victimes de gaz lacrymogènes et d’un déploiement disproportionné des Forces de l’Ordre. Pourtant, le lendemain, la victime, puis des témoins nous ont raconté…

Alors, reprenons du début…

La manifestation s’est déroulé devant la préfecture rassemblant 500 personnes. Certains acteurs locaux ont pris la parole avant de partir.

certains manifestants ont alors décidé de poursuivre leur mobilisation dans les rues clermontoises. Une centaine de jeunes sont descendus jusqu’à la banque de France. De retour vers la rue Blatin, à Clermont-Ferrand, les policiers ont utilisé les gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Un petit groupe s’est alors retrouvé rue Michel Hugues. Nassés, les militants ont été frappés et matraqués.

Une fois dispersé, le petit groupe a pu rejoindre la place de Jaude où la manifestation s’est terminée assez rapidement.

« Quand on est revenus vers Jaude, plusieurs policiers en civil se sont jetés sur un ami pendant qu’on courait et il a été matraqué au moins 20 fois. » Commence alors à raconter un manifestant. « J’ai fait demi-tour pour venir en soutien de mon ami et l’un des policiers m’a donné un coup de poing dans la joue, il m’a fissuré une dent. Il m’a mis des coups de pieds aussi pendant que je me débattais. »

La victime dit avoir été à l’hôpital pour ses douleurs aux jambes et souffre toujours de ses problèmes de dents. « J’ai réussi à m’échapper juste parce que des manifestants ont accouru. »

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1 réflexion sur “Une victime lors des manifestations contre les violences policières”

  1. Les exactions policières sont le symptôme d’un pouvoir politique aux abois.
    Ce pouvoir utilise la peur, la violence de façon anormale et concertée pour tenir.
    Il déclare la guerre à la population dès que celle-ci sort dans les rues, s’attroupe pour manifester sa colère.
    Il y a pour cela les CRS mais surtout les groupes d’action spécialisées dans le maintien de l’ordre en place. Les noms changent ; voltigeurs et BRAVM. Ce n’est plus de l’accompagnement sécuritaire mais des actes visant à faire mal et à dissuader les citoyens de sortir de chez eux : « si tu tiens à tes dents, reste dedans ». Après le confinement sanitaire, le confinement policier : la privation totale de toute liberté sous la menace d’une interpellation sauvage et dangereuse pour sa vie.
    Ce n’est pas nouveau.
    J’ai sous les yeux un article de journal ( Noir et Blanc, juillet 1968) qui relate des faits similaires, c’est-à-dire la répression impitoyable et systématique dressée contre les « fauteurs de trouble ».
    Extrait.
    « Le samedi 1 er juillet 1893, un paisible citoyen nommé Félix Nuger (23 ans), employé de commerce d’origine clermontoise, prenait le frais avec un ami à la terrasse du café d’Harcourt, place de la Sorbonne…la soirée était calme : tout juste quelques échos de chansons à boire… Or voilà que, soudain, une bande d’étudiants surgit au galop, talonnée de prés par l’une des Brigades Centrales affectées au maintien de l’ordre… L’accrochage a lieu à la terrasse, puis à l’intérieur du café. Les glaces volent en éclats, tables et chaises sont renversées, dans l’affolement général. Les cris de peur et les insultes se mêlent au fracas du verre brisé. Coursant un étudiant qui lui a échappé, un agent des Brigades s’empare d’un pyrogène (sorte de frottoir à allumettes) et le lance de toutes ses forces dans sa direction. Le lourd projectile de faïence manque son but et va frapper à la tempe Félix Nuger, qui tombe foudroyé. On transporte le malheureux à l’hôpital de la Charité : il y décède une heure plus tard… Jusqu’au lendemain soir, le Quartier et ses abords allaient rester le théâtre des plus furieux affrontements. La presse d’opposition se déchainait : que voulait donc le gouvernement ? avait-il résolu de tailler en pièces la population de tout un quartier. »
    Les violences policières sont réelles et ces nouvelles brigades sont une des armes de guerre d’un pouvoir en déroute, pour maintenir l’ordre.
    Dissoudre des associations et des syndicats qui témoignent de ces exactions c’est un degré de plus dans la répression. Chaque préfecture est un relais de cette politique ignoble. Partout à Ste Soline comme à CLermont ferrand.

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