Avec les SISM, une semaine pour parler de santé mentale

Samedi à 13 heures, les Semaines d’Information sur la Santé Mentale débuteront au jardin Lecoq et marqueront le début d’une période riche en animations sur le sujet de la santé psychique.

La santé mentale est un thème de plus en plus considéré. Si c’est grâce à une prise en compte accrue, il faut aussi admettre que la santé psychique des Français, notamment les plus jeunes, inquiète. Tous les ans depuis 1990, Le Ministère de la Santé et de la Prévention s’entoure des acteurs du secteur pour organiser les semaines d’information sur la santé mentale (SISM).

« On a tous une santé mentale. Il faut que les gens l’identifient et aient le pouvoir d’agir pour se maintenir en bonne santé mentale et  repérer les premiers signes de souffrance », indique Sandra Grasset, coordinatrice du Conseil Local de Santé Mentale à la Ville de Clermont-Ferrand.

Sensibiliser et agir ensemble

Les SISM se donnent pour missions d’informer sur la prévention des troubles psychiques et sur les leviers d’action lorsqu’ils sont là. « Le but, c’est vraiment de rendre visible la question de la santé mentale et de mettre en place des actions grand public et pour des publics spécifiques », indique Sandra Grasset qui souligne également l’importance de fédérer le réseau d’acteurs du secteur pour un développement collectif efficient.

Déstigmatiser

« La santé mentale va être le sujet phare en 2025 », assure Angélique Voisin, membre des collectifs organisateurs du projet et du Groupe d’Entraide Mutuelle de Cournon qui a pour objet d’accueillir des adultes souffrant de troubles psychiques. Pour elle, il est primordial d’appuyer la déstigmatisation des personnes atteintes de troubles.

« C’est l’affaire de tous, à tous les âges. En particulier chez les jeunes c’est vrai, pour différentes raisons. Lors des Semaines d’Information, le message est global mais effectivement, on peut aussi faire des focus sur des thématiques , des publics  spécifiques », précise Olivier Blanc, animateur au Centre Référent Conjoint de Réhabilitation Psycho-Sociale du Centre Hospitalier Sainte-Marie, aux côtés de son homologue Isabelle Druet-Sauret.

Pour eux et Sandra Grasset, il est temps que les consciences évoluent sur le sujet et que les regards changent sur les personnes atteintes de troubles. « On a du mal à toucher les médias pour travailler à une communication positive. La santé mentale est mise en avant depuis le Covid mais les médias et la façon dont ils présentent les personnes qui souffrent de troubles sont encore auteurs de stigmates », rappelle cette dernière.

Le corps et l’esprit en mouvement

Cette année, les SISM se dérouleront du 7 au 20 octobre avec une thématique plurielle : « En mouvement pour notre santé mentale ». Et le mouvement n’a pas été choisi par hasard. Environ 66% des jeunes entre 11 et 17 ans passent chaque jour plus de deux heures sur les écrans et moins d’une heure à faire du sport. Entre 10 et 12 ans, ils réalisent des performances équivalentes à celles d’une personne de 65 ans qui ne fait pas de sport.

Mais si le thème met à l’honneur le mouvement physique, il inclut aussi le mouvement au sens large, comme la sensation d’un mieux-être par rapport à une période plus difficile. « Le mouvement du corps mais aussi le mouvement interne, sociétal », précise Olivier Blanc.

Un projet nécessaire

Pensées suicidaires, anxiété ou dépression : une étude de Santé publique France révèle que la santé mentale des Français continue de se dégrader, en particulier chez les jeunes de 18 à 24 ans. Plus d’un enfant sur dix souffrirait d’un trouble de la santé mentale. Mais le problème ne touche pas que les jeunes. Après une période de confinement difficile à gérer pour beaucoup, ce moment a aussi montré la faiblesse du système de santé psychiatrique en France.

« Certe, il y a la question des moyens, on ne va pas aller à l’encontre de ce qu’on sait déjà sur le manque de moyens et l’impact sur les prises en charge. Mais il y a aussi tout ce qu’on fait comme actions sur les déterminants de la santé », explique Sandra Grasset.

  « C’est une réalité, particulièrement depuis le Covid avec un isolement fort. On avait une population âgée et de plus en plus de jeunes arrivent depuis 3 ou 4 ans », confirme Angélique Voisin.

À Clermont, un forum ouvrira la Semaine samedi 5 octobre. Il se déroulera au jardin Lecoq et sera suivi, durant plusieurs jours, par de nombreuses animations partout sur le territoire à découvrir ici.

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