Des enseignants dénoncent un protocole sanitaire insuffisant

Alors qu’ils tiennent absolument à rester en lien avec leurs élèves et donc pouvoir continuer leur travail en présentiel, des enseignants de différents établissements scolaires se mobilisent pour un protocole sanitaire renforcé.

Le gouvernement estimait en septembre 2020, qu’un tiers des clusters émanait du milieu scolaire et universitaire, pourtant, aucun nouveau protocole n’a été mis en place pour le retour en classe après l’annonce du reconfinement. « Nous demandons des mesures au moins équivalentes de celles du retour du premier confinement. » Explique Kevin, enseignant au Lycée Amédée Gasquet de Clermont-ferrand, et syndiqué CGT Educ’. Dans cet établissement plus de la moitié des enseignants se sont mis en grève dès lundi pour demander le dédoublement des classes. Ce que la direction a fini par accepter, hier soir.

Au lycée Blaise Pascal, même constat. Alors des réunions ont été envisagées afin de renforcer le protocole. « Nous travaillons pour ne pas mettre en danger les élèves et le personnel tout en voulant continuer à travailler dans nos classes. »

Au collège de Beaumont, des dispositifs ont été mis en place dès lundi matin, avec un changement des emplois du temps afin que les collégiens ne soient pas « brassés », mangent ensemble par niveau au self, et ce sont les enseignants qui se déplacent, une classe ayant été attribuée à chaque classe.

Au lycée Ambroise Brugière, des discussions sont aussi en cours afin d’alléger les classes. « On s’est rendus compte que les contaminations se faisaient surtout dans les espaces communs, internat, self, etc…On cherche donc à diminuer le nombre d’élèves dans un même lieu au même moment. » raconte un enseignant qui a pu participer à une réunion de son établissement hier, mardi matin. « Mais, le programme est chargé notamment pour les terminales, il ne faut pas perdre nos élèves. »

Au lycée Lafayette, la réunion se tient ce matin. Des enseignants craignent la mise en place du distanciel. « Ce qui serait une catastrophe pour nos élèves. On a déjà vu les dégâts engendrés lors du premier confinement » confie l’un des enseignants qui dit ne pas trop s’investir sur la question du protocole sanitaire. « Notre direction nous a dit que nous n’avions eu que 14 cas positifs dans nos élèves depuis la rentrée de septembre, il faut donc relativiser. »

Cette semaine, un préavis de grève avait été posé par les syndicats de l’éducation ( SUD, CGT, FSU…), et si la majorité des revendications des enseignants semblent être entendues par leur direction, reste à convaincre le rectorat. Il semblerait que de nombreuses demandes de dédoublement des classes aient déjà été refusées dans d’autres académies.

Images d’illustrations : CDI du lycée Lafayette de Clermont-Ferrand ( Crédit photo: lycée Lafayette)

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À propos de cet article

Publié le 4 novembre 2020
Écrit par Eloise LEBOURG
Éloïse Lebourg est journaliste. Après une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession, elle apprendra sur le terrain à déconstruire tout ce qu’on lui a appris. Après des détours par Charlie, France Inter, RTL ou RFI, elle se positionnera dès 2006 sur les radios associatives dans lesquelles elle œuvrera comme journaliste puis directrice d’antenne, jusqu’en 2014. Pigiste pour reporterre, Hexagones ou Politis, elle reviendra à ses premiers amours : l’enquête au long cours. Dès 2010, elle crée les Rencontres Nationales des Medias Libres et du Journalisme de Résistance qui se déroulent depuis, chaque année à Meymac en Corrèze, chaque dernier week-end du mois de mai. En 2015, elle crée avec Matthias Simonet, Mediacoop dont elle est la gérante-associée.

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