«Ne nous laissons pas voler nos retraites!»

Si en 2019, le projet de réforme des retraites a cédé sous le poids de la mobilisation, en 2023, le gouvernement compte bien remettre le couvert. À l’approche de nouvelles annonces, les organisations syndicales échangent et se préparent. Hier, nous étions avec Solidaires qui organisait une conférence de presse sur le sujet.

Bonne année, bonne santé et meilleurs vœux… Au gouvernement, on en chérit un particulièrement. Celui de faire passer une réforme des retraites, cette fois pas par points mais dont l’âge de départ serait retardé à 65 ans. Pour les syndicats, c’est non.

Opposition pure et simple

« Nous vivons plus longtemps et donc (…) nous devons travailler plus longtemps », déclarait le ministre du travail, Olivier Dussopt, courant décembre. S’il est vrai que l’espérance de vie a augmenté durant les dernières décennies, ce raccourci omet de prendre en compte de nombreuses disparités de sexe, les catégories sociales et les emplois; et occulte les problèmes de santé qui y sont liés. « On a l’impression que ces gens-là manifestent, à chaque réforme, une méconnaissance totale de leur pays. », affirme Didier Pagès, l’un des porte-paroles de Solidaires Auvergne. Lui et son syndicat s’opposent, comme les autres organisations, purement et simplement à un allongement de l’âge de départ à la retraite.

Ce dernier dénonce une réforme très idéologique sans réelle utilité d’un point de vue du travail et du budget. Solidaires plaide de son côté pour l’augmentation des salaires et donc des cotisations . Plus d’argent grâce à l’égalité des salaires également et grâce à une plus juste rémunération selon le niveau d’études, entre autres. « La question des retraites est intimement liée à la question des salaires. Ça fait écho à toutes les grèves de septembre. », indique le porte-parole.

Le calendrier se dessine

Si depuis décembre, la première ministre Élisabteh Borne souffle le chaud et le froid, l’annonce officielle de la réforme des retraites est prévue pour le mardi 10 janvier. La présentation en Conseil des ministres devrait avoir lieu le 23 janvier. À Clermont, un meeting pour la retraite à 60 ans aura lieu le 20 janvier à la Maison du Peuple.

Tous ensemble

En 2019, le gouvernement a reculé. Qu’en sera-t-il en 2023. Pour Didier Pagès, il faut une mobilisation au moins aussi grande. Pour le ministre du travail, les français sont plus raisonnables que les syndicats. Pourtant, une choses paraît claire : l’opinion publique semble majoritairement opposée à la réforme. L’enjeu principal sera de réussir à transformer ces sondages et ce ressenti en une lutte concrète et dans la rue. Pour Solidaires, il faut aussi que des secteurs puissent tirer la lutte et que l’unité syndicale soit au rendez-vous. « Les organisations syndicales n’ont cessé de se rencontrer tandis que le gouvernement essaie de jouer la montre. De diviser. », indique Didier.

Mais l’issue des tractations semble plutôt positive. Les organisations syndicales ont été reçues une à une cette semaine par le gouvernement. Pour toutes, c’est non. Même pour la CFDT qui n’était pas de la partie pour la réforme à points. Une lutte unitaire derrière la même réforme qui ne s’est pas vue depuis 2010.

La lutte se prépare

« Les projets du gouvernement en matière de retraites, on les connaît depuis la campagne présidentielle. ». Pour Solidaires, le mouvement syndical a un peu trainé et doit dès à présent entrer en lutte. Plus que l’unité syndicale, il souhaite que des appels émergent dans tous les secteurs et que toutes la société se sente concernée. « Il y aura forcément la grève. Maintenant, on dit qu’il faut y aller ensemble. ».

Depuis plusieurs semaines, Solidaires distribue des tracts, sort des argumentaires et forme des représentants et salariés pour que ces derniers puissent ensuite sensibiliser directement sur les lieux de travail. Le meeting du 20 janvier à 19h se fera en présence d’Elie Lambert, membre du secrétariat national de Solidaires à la Maison du peuple. Maison du peuple où une banderole « Les retraites, elles sont à nous », s’affiche déjà fièrement.

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1 réflexion sur “«Ne nous laissons pas voler nos retraites!»”

  1. – « les retraites sont à nous  » mais ce nous est bien disparate car à même niveau de qualification et d’emploi, il existe encore des différences regrettables au niveau des pensions. Donc ne nous n’est pas aussi équitable, fédérateur qu’il y parait. D’où peut être l’origine des 42 régimes en présence où chaque régime défend son propre intérêt.
    -D’autre part, la protection sociale est financée par des cotisations et celles ci servent à payer les pensions mais pourquoi les syndicats ont ils accepter que la capital fasse son entrée dans cette protection. En effet, les retraites complémentaires redistribuent un capital aux seuls bénéficiaires dont le Nous est troué là encore.
    -Il faudrait pour que ce NOUS ait du sens, transférer la part de cotisation par capitalisation au régime général et on pourrait augmenter les pensions de 300 euros sans aucun impact sur les salaires.
    -Ensuite pour revenir au NOUS, il faut se réapproprier ce système comme le système de santé et faire financer ces budgets par une CSG sur les rentes et quand il le faut; augmenter les cotisations salariales et patronales comme dans le programme de LFI.
    -Le temps de travail augmente en France depuis une vingtaine d’années et sans effet sur la croissance mais par contre, les salariés y perdent leur santé. Le retour aux 39 heures n’est pas bien loin ce que promet d’ailleurs Macron pour les salariés de l’hôpital.
    -IL faut une réaction forte des syndicats et un seul objectif ; un arrêt de travail général et durable. On a vu ce qui était possible de faire à TOTAL, alors, cette fois, que ce soit pour quelque chose de concret.
    Restaurer un système de protection universelle grâce à nos cotisations est un acte de résistance à la classe dominante, bourgeoise et méprisante.

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