« C’est une saignée, un plan social dans l’éducation nationale. » Les mots de Sophie Brutus sont sans appel. Cette enseignante au lycée de Gergovie de Clermont-Ferrand, syndiquée à la CGT Educ’Action, ne mâche pas ses mots. « On n’avait pas vu ça depuis N.Sarkozy. »
Mercredi dernier, les syndicats ont boycotté le CSA académique. « Il manquait deux documents. Nous ne savons pas quels postes vont être supprimés en primaire et collège. On sait seulement qu’il y en a 55 en moins en primaire et 55 en moins dans le secondaire. »
Une décision considérée comme « inadmissible » par les syndicats qui estiment déjà que leurs conditions de travail se sont largement dégradées. « On sait que le lycée Lafayette, sur Clermont-Ferrand, sera durement touché. »
Le lycée Montdory à Thiers perd lui aussi de nombreuses heures. « Nos lycéens sont déjà fragiles, à quoi sert cette économie, pour qui ? » Idem pour le lycée Valéry Larbaud à Vichy ou Madame de Staël à Montluçon.
« Nous dénonçons une autre hérésie de notre ministère. » Poursuit Sophie. « Ils ont mis en place un plan 800 collèges, afin de prioriser ceux qui ont le plus de besoin. Celui de Gerzat en fait partie, et pourtant, ils suppriment une classe de 6eme dans cet établissement. »
Certains dénoncent la destruction de la filière Maroquinerie au Lycée Marie Laurencin. « Alors qu’Hermès est installé ici et recrute régulièrement. » Car les lycées professionnels ne sont pas épargnés par les coupes budgétaires.
Les enseignants expliquent qu’outre les suppression de postes de profs, « aucune création de postes de CPE, Psy scolaire ou AED n’a été annoncée sur l’académie. »
Au niveau national, de nombreux établissements ont fait grève. Sur l’académie de Clermont-Ferrand, les mobilisations devraient reprendre après les vacances de février.