Une fanfare qui donne le ton avec des chants de solidarité. Des parents, professeurs, enfants, personnels de l’établissement réunis autour d’un même souhait : Aucun enfant ne mérite de dormir dehors.
« Il y a eu des pressions pour que rien ne se passe, c’est insupportable. Nous avons dans l’école, un logement vacant, pourquoi ne peut-on pas héberger les familles dans le besoin? » Questionne discrètement un membre du personnel.
Un logement vacant dans l’école
Simon Lamure, père d’une petite fille dans l’école, est aussi membre de RESF. Il entame les prises de parole : « Deux camarades de classe de nos enfants souffrent des nuits dehors. L’un seul avec sa mère depuis fin décembre, l’autre avec toute sa famille à partir du 17 février prochain car son petit frère aura 3 ans, et qu’on prétend que c’est un âge raisonnable pour dormir dehors… » Enrage le CPE en collège.
« Une politique xénophobe. »
« N’ayons pas peur des mots. Nous sommes face à une politique xénophobe. La xénophobie, c’est ne pas donner les mêmes droits en fonction des origines de quelqu’un. A RESF, on a fait le test, on a appelé le 115 pour une famille, on avait une place. Quand on a ajouté qu’elle était étrangère, on nous a refusé cette place. » Poursuit Simon. « On nous rétorque que les familles ne sont pas en situation vulnérable. Je vous invite à passer une nuit dehors avec vos enfants, on verra si vous n’êtes pas vulnérables. » S’agace-t-il.
Une réponse insatisfaisante de la préfecture
Un agacement qui survient après la réponse de la nouvelle préfète qui refuse la prise en charge des enfants sans abri. « On décompte 14 enfants dans les rues de Clermont-Ferrand, sans parler des mineurs isolés. Et ce sont seulement les situations dont on a connaissance. C’est une honte… » La préfecture a proposé simplement la prise en charge du retour dans le pays d’origine. « C’est mal connaître la loi. Premièrement il faut l’accord du pays d’origine, ce qui est rarement le cas, et ensuite, renvoyer des gens qui ont fui un pays dans lequel ils sont en danger, c’est criminel. » Conclut Simon.
Mathilde une maman, questionne la suite du mouvement et demande qui peut héberger cet enfant de 6 ans, en CP, qui peut aider cette famille mise à la rue à partir du 17 février.
Des enseignantes qui prennent la parole
Des enseignants osent même parler, malgré le droit de réserve. « Nous ne pouvons plus fermer les yeux, c’est terrible le soir quand on voit repartir un élève et que l’on sait qu’il va dormir dehors…Chaque enfant mérite de vivre au mieux sa scolarité. Nous voulons que chacun de nos élèves puisse partir avec des conditions acceptables d’hébergement, le soir. C’est le minimum. »
Nouvelle manifestation ce vendredi à 17H30
Devant l’école, des communiqués de presse de la mairie sont distribués pour rappeler que la ville n’a pas a compétence de l’hébergement d’urgence, qui revient à l’Etat, rappelant que le maire a déjà contacté la préfète.
Nicolas Bonnet et Marianne Maximi, député.e.s, sont présent.es aussi sur le site de l’école pour apporter leur soutien.
Après une Assemblée Générale, le collectif décide d’organiser une nouvelle manifestation, ce vendredi dès 17H30 pour se rendre à 18H à la préfecture, dans l’espoir d’être reçu.
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