« le petit Frère » de Jean-Louis Tripp

Sortie en mai, chez Casterman, cette BD raconte l’histoire du deuil, de la souffrance mais aussi de la vie qui reprend et du pardon qu’on s’accorde. Sublime moment de lecture durant lequel, il est impossible de ne pas pleurer.

Il lui aura fallu quasi cinquante ans pour raconter la mort de son petit frère, sous ses yeux. En plein été, en plein moment léger et drôle, la mort vient faucher Gilles, 11 ans. La seconde d’avant, il rit avec son rand frère, Jean-Louis, l’auteur de la BD.

Mais après ? Les secondes et les heures à s’accrocher à l’espoir qu’il survivra. Puis, l’annonce, brutale, violente. Celle qui ne laisse pas le choix.

Jean-Louis Tripp va alors tenter de décrire le mutisme des uns, la colère des autres, et cette impossible parole. Les amis qui se succèdent sans savoir quoi dire. l’incapacité de verbaliser.

Chacun essaie, tâtonne. Mais la vie a explosé. Il n’y a plus de petit frère. Les parents partent chacun à la dérive. On n’en parle plus. Mais on y pense sans cesse. Et chacun se sent responsable.

Puis arrive le procès, celui qui compense financièrement l’absence. Celui qui juge, mais ne permet pas d’excuser.

Mais surtout, reste le temps. Jean-Louis n’avait que 18 ans au moment du drame, toute une vie à construire donc.

Il va s’y perdre, s’y noyer, prendre les chemins les plus sombres comme les plus éclairés. Il se rendra compte que tout est resté enfoui. On n’oublie pas un petit frère qui meut.

Enfin, les décennies ont fait le boulot. Une conversation en famille. Comprendre que chacun se sent responsable. Que chacun a enfilé son fardeau. Puis, se pardonner, pardonner à la vie aussi. Et vivre avec une absence qui a détourné de leur trajectoire chaque destin.

Impossible de ne pas pleurer. Un livre qui accroche, perturbe, mais permet aussi la réconciliation sur le thème du pardon de soi.

Des images incroyables, un scénario qui oscille entre passé et présent.

Une BD qui permet à chacun de nous d’appréhender l’insupportable…Et de compte sereinement sur le temps qui passe.

Edition Casterman, 28 euros

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