Une manifestation, mille revendications

La pluie n’a pas suffi à arrêter les nombreux manifestants qui rejoignent la Place des Carmes ce mardi matin aux alentours de 10h. À l’appel, la CGT, SUD, FO, l’UNEF et FSU-SNUipp. Le rendez-vous est donné devant le nouveau siège de Michelin. Ça tombe bien, certains salariés de l’usine sont là. « Pas d’argent public pour supprimer des emplois et engraisser des actionnaires », peut-on lire sur leur banderole.

Intersyndicale et interprofessionnelle

Ils sont là comme de très nombreuses professions. Quand le cortège démarre, on les aperçoit depuis tout en haut, sur le viaduc des Carmes. Aujourd’hui, ce qui se distingue sur les lèvres et les pancartes, ce sont les conditions de vie. Par conséquent, les salaires. La revendication vaut pour la fonction publique en générale mais nous croisons Xavier, ouvrier au CHU de Clermont-Ferrand. « Moi je suis ouvrier, je travaille à la blanchisserie mais on est là pour représenter ouvriers et soignants. On vient défendre les salaires et les effectifs dans l’hôpital public. Même prendre des vacances, c’est impossible car on est trop peu. On veut plus de reconnaissance tout simplement ».

Les syndicats de l’enseignement et de nombreux étudiants eux-mêmes sont venus dénoncer la précarité des jeunes. Pour eux aussi, les conditions de vie doivent s’améliorer alors que cette année, 48% des étudiants ont déclaré sauter des repas selon l’Observatoire national de la vie étudiante. « Cette année, on voit une aggravation des conditions de vie des étudiants. Et à la fac, c’est pareil, il n’y a pas assez de places, pas assez de profs, pas assez de moyens et donc, des options en moins », nous confiait un étudiant croisé dans le cortège.

Un constat que tous partagent mais la précarité ne concerne malheureusement pas que les jeunes. Rémi est venu avec la CGT. Il travaille pour EDF-GDF. D’abord, il est venu pour défendre les emplois et les salaires dans l’industrie électrique et gazière. « Mais surtout, on veut un abaissement de la facture pour les usagers avec une baisse des taxes. On défend un service public et c’est un produit de première nécessité ! Avec ces prix, ça devient trop difficile pour les personnes précaires », explique ce dernier.

Le retour des luttes

Penser à soi mais aussi aux autres. À tous. C’est l’esprit du jour. La rentrée syndicale et la rentrée des luttes après un été en boucle sur le pass sanitaire et une reprise confisquée par la folie médiatique autour d’Éric Zemmour à six mois de la présidentielle. Des causes à défendre, il y en avait. EDF était là, Michelin et le CHU. On a aussi croisé du personnel de la mairie de Lezoux et des gens de tout le territoire. L’AIA, les finances publiques et l’ADAPEI 63.

Bien sûr, les professeurs ont battu le pavé accompagnés de tout le personnel de l’Éducation nationale. Eux sont déjà dans la rue depuis des semaines pour contester la réforme du bac, demander plus de moyens et de bras. Après la traversée de l’Avenue d’Italie, la manifestation est passée devant Jeanne d’Arc et Blaise Pascal. « Nous étions tous à Blaise Pascal » chantait les étudiants au mégaphone.

D’autres chantaient « L’assurance chômage, on en veut pas! ». Alors que de nouvelles règles relatives à l’indemnisation des demandeurs d’emplois sont entrées en vigueur vendredi 1er octobre, nombreux sont ceux qui ont montré leur opposition. En effet, la réforme change le mode de calcul des droits qui vont chuter pour beaucoup de personnes afin, selon le gouvernement, « d’encourager » le retour à l’emploi. La période de travail permettant l’ouverture de droits à l’assurance-chômage sera également allongée pour ceux qui enchainent CDD et missions d’intérim.

Enfin, sur les banderoles, la réforme des retraites est aussi une cible. Avant d’atteindre la place de Jaude, Xavier le blanchisseur nous explique : « Je fais un métier avec de la pénibilité. Normalement je pourrai partir à 57 ans mais avec la réforme, ça sera 62. Pour certains ou certaines collègues qui sont à 80% pour différentes raisons, ils devront pousser jusqu’à 64 ans pour éviter la décote ».

Plus de sens et plus de poids

Sous les chants de chaque camion qui escorte chaque syndicat, les manifestants arrivent déterminés sur la grande place. C’est le moment des prises de parole et de tous se retrouver. À Clermont-Ferrand, ils étaient plus de 2000. Dans toutes la France, les cortèges se sont multipliés pour profiter de la solidarité entre les professions. Aujourd’hui, tous l’ont dit : ensemble, les messages ont plus de sens et plus de poids.

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