Double manifestation à Clermont-Ferrand, plus de 3000 personnes mobilisées

Ambiance de teknival, et discours de lutte contre la précarité dès 14 heures, ce samedi 5 décembre, place de jaude. La mobilisation a ensuite été rejointe par le rassemblement contre la loi sur la sécurité globale…

Intermittents du travail, professionnels du spectacle, temps partiels, petits boulots. Nombreux sont ceux qui se sont retrouvés à lutter contre la précarité du travail. Ghislain Dubourg de la CGT amorce le rassemblement dans un discours de colère contre le gouvernement, parlant de son fils de 2 ans pour lequel il a peur. Peur de l’avenir. Mais son discours se termine en inversant les rôles : « Ton pire cauchemar, Macron, ce sera la CGT ».

Ghislain Dubourg, UD CGT 63

En parallèle à ce discours, des tracts pour les fêtes libres sont distribués afin de dénoncer les saisies abusives par les forces de l’ordre, mais aussi les « teufeurs » demandent des lieux pour pouvoir faire la fête tranquillement, des lieux pour réduire les nuisances sonores. Ils réclament d’être pris au sérieux quand ils déposent des projets dans les municipalités. D’ailleurs on entend doucement les basses augmenter de volume, alors que les prises de parole s’enchaînent. Sébastien de la CGT spectacles parle des subventions distribuées au compte-goutte, alors que les travailleurs du spectacle demandent en ces temps moroses d’être salariés afin de ne pas vider la caisse de solidarité. Il rappelle que la mobilisation allie deux causes : la lutte contre la précarité mais aussi la lutte contre la loi sur la sécurité globale. Abdoul, lui est enseignant précaire. Il explique combien ces emplois non stables permettent une gestion autoritaire et aident à réduire les coûts au détriment du salarié. Il rappelle qu’un agent sur 5 dans la fonction publique est contractuel. Dans la fonction territoriale, de nombreux agents peuvent même prétendre au RSA tant leur situation est précaire. Enfin il avertit sur le glissement vers encore moins de sécurité de l’emploi en dénonçant la loi LPR qui affecte les enseignants du supérieur. « La précarité est l’affaire de tous, lutter contre est un choix de société, et une question d’intérêt général » conclut-il.

Abdou, enseignant précaire, FSU

Paco, du syndicat étudiant UNEF prend lui aussi le micro pour parler d’une jeunesse sacrifiée. « Un étudiant sur deux est obligé de travailler. Et nombreux sont ceux qui ne peuvent bénéficier d’aide au logement, ou aux bourses pour vivre dignement. Il faut savoir qu’à Clermont, il y a plus de logements vides que de logements étudiants CROUS. Nous réclamons le droit au RSA pour les plus de 18 ans, car aujourd’hui, on nous infantilise en considérant qu’entre 18 et 25 ans, nous sommes encore à la charge de nos parents. Mais pour nombre d’étudiants ce n’est pas le cas. » Sophie Brutus de la CGT Educ’Action enchaîne en appelant à la grève le 26 janvier prochain, afin de dénoncer les difficultés de l’enseignement actuellement. Mais pas seulement : AESH, AED, agents techniques, psychologues scolaires sont autant de personnels invisibles dont les professions ne sont pas assez reconnues.

Billy des Jeunes Révolutionnaires prend la parole, dénonçant les crimes policiers, et rappelant que les bourgeois doivent travailler comme tout le monde. Il appelle à reconstituer un parti du prolétariat. Devant lui, ses camarades déploient une banderole et deux d’entre eux tiennent un fumigène. Une personne âgée, militant anti-communiste, leur demande de partir, leur balançant le fumigène. Alors, le son monte, bien plus que le ton. Aux platines, un homme fait danser la place de Jaude au son des basses. De nombreux militants se mettent à danser en attendant que sonnent les 15 heures et la manifestation contre la loi sur la sécurité globale. En tout, plus de 3000 personnes finiront par rejoindre le cortège. Le double de samedi dernier. 10 fois plus qu’il y a 2 semaines. La place de Jaude entendra ainsi les différents discours, dont celui, du collectif Wissam qui tient à rappeler l’assassinat du jeune habitant de la Gauthière, totalement maquillé par la justice et les forces de l’ordre. C’était il y a 9 ans. Le collectif réclame l’abandon de la loi sur la sécurité globale, dénonce l’arrestation de YAN B,(militant de Désarmons-les), la suppression de l’IGPN, qu’il faut remplacer par une structure neutre.

Collectif Wissam

De nombreux collectifs ou associations ont aussi pris la parole ou distribué comme l’association France-Palestine solidarité 63. « Les politiques français visent à nous faire oublier la source de la violence et à nous présenter comme un modèle la répression de la résistance palestinienne. Israël vit sous état d’urgence permanent depuis sa création il y a 72 ans. Si cette politique répressive payait, le pays serait en paix depuis longtemps. » Dénonçant ainsi les lois liberticides successives instaurées en France.

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À propos de cet article

Publié le 5 décembre 2020
Écrit par Eloise LEBOURG
Éloïse Lebourg est journaliste. Après une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession, elle apprendra sur le terrain à déconstruire tout ce qu’on lui a appris. Après des détours par Charlie, France Inter, RTL ou RFI, elle se positionnera dès 2006 sur les radios associatives dans lesquelles elle œuvrera comme journaliste puis directrice d’antenne, jusqu’en 2014. Pigiste pour reporterre, Hexagones ou Politis, elle reviendra à ses premiers amours : l’enquête au long cours. Dès 2010, elle crée les Rencontres Nationales des Medias Libres et du Journalisme de Résistance qui se déroulent depuis, chaque année à Meymac en Corrèze, chaque dernier week-end du mois de mai. En 2015, elle crée avec Matthias Simonet, Mediacoop dont elle est la fondatrice-associée.

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