Décembre au Rio

Comme chaque mois, le cinéma associatif le Rio a concocté une programmation aux petits oignons. En direct des quartiers nord, il y en aura pour les jeunes, les moins jeunes, les amateurs et spécialistes du cinéma d’auteur, les plus engagés mais aussi ceux qui veulent simplement lâcher prise avant la fin de l’année. Bonne séance !

On a l’habitude… Toute l’année, le cinéma le Rio propose des programmations au top. Créé en 1962, ce lieu de culture historique de la ville est aussi son dernier cinéma indépendant et associatif. Ici, qualité, diversité et découverte sont les maitres mots. Surtout, les tarifs les plus bas de Clermont sont pratiqués pour favoriser l’accès au plus grand nombre au 7ème Art. Alors pas d’excuses pour louper la programmation de décembre qui ne déroge pas à la règle. En plus, c’est la dernière de l’année !

La vie sur un écran

Au Rio, on s’intéresse toujours aux sujets de société. Le cinéma donne la possibilité au public d’avoir accès à des moments de culture mais surtout, de réflexion. La semaine dernière, c’est le film « Petite fille » de Sébastien Lifshitz qui ouvrait le mois de décembre, en partenariat avec ERERA (Espace de Réflexion Ethique Auvergne Rhone Alpes). L’événement s’inscrit dans le cycle « Cinéthique » du Rio, programmation régulière de films abordant le thème de la santé. Les projections sont accompagnées d’interventions de professionnels permettant d’échanger avec le public autour d’une question relative à l’éthique dans le domaine de la santé. « Petite fille » s’intéresse à Sasha, né garçon, qui se vit comme une petite fille depuis l’âge de 3 ans.

Dans le cadre de la journée internationale des personnes en situation de handicap, le film « presque » a été projeté vendredi en partenariat avec la Mission Egalité des droits de la Ville de Clermont-Ferrand. La séance a été suivie d’un échange, tout comme celle du lendemain, dont le thème portait sur le SIDA. Le film qui porte le titre de cette maladie pose la question du SIDA hier et aujourd’hui, de sa vision dans la société, de la recherche et de l’action politique.

Mercredi 7 décembre à 20h, on pourra découvrir en avant-première « Les années super 8 », d’Annie et David Ernaux. L’écrivaine décrit le film ainsi : “En revoyant nos films super huit pris entre 1972 et 1981, il m’est apparu que ceux-ci constituaient non seulement une archive familiale mais aussi un témoignage sur les goûts, les loisirs, le style de vie et les aspirations d’une classe sociale, au cours de la décennie qui suit 1968. Ces images muettes, j’ai eu envie de les intégrer dans un récit au croisement de l’histoire, du social et aussi de l’intime, en utilisant mon journal personnel de ces années-là.”. La projection, en partenariat avec Traces de vie sera suivie d’un échange avec Magali Solitude, auteure d’une thèse sur le récit de soi dans le film de famille, doctorante à l’université technologique de Compiègne.

Poudre d’escampette

Si le Rio nous fait voyager dans la société, il nous emmène aussi bien plus loin. Tout au long de l’année, il propose une programmation internationale riche pour ouvrir son écran aux productions du monde entier. Vendredi 16 décembre, c’est Ciné Hindi avec « LAAL SINGH CHADDAH » d’Advait Chandan. Après une démonstration de danse indienne sur la scène du Rio, le film présentera les méandres de la vie de Laal, après une enfance marquée par un lien unique avec sa mère célibataire, à travers ses amours, son innocence et sa destinée.  

Combats d’hier et d’aujourd’hui

Demain, les association Anis Étoile, AEDI, Algeria Com Event et Coup de Soleil AuRA présenteront le film « Chronique des années de braise » de Lakhdar Hamina, réalisé en 1975 et Palme d’Or à Cannes la même année. Ahmed, paysan pauvre, quitte son village pour la ville à la recherche d’une vie plus facile. Il rencontre Milhoud, un fou visionnaire, et surtout la misère et l’injustice. A travers la vie d’une famille et de quelques individus “typés” et symboliques, c’est le peuple algérien tout entier qui résiste à l’expropriation de ses terres et à la déculturation.

Lundi 12 décembre, c’est le syndicaliste Philippe Poutou qui viendra parler, avec Les Amis de l’Humanité et ATTAC 63 du film « Il nous reste la colère. » de Jamila Jendari et Nicolas Beirnaert. En 2011, les ouvriers de Ford à Blanquefort sauvent leur usine et ses mille emplois. La joie de la victoire laisse rapidement place à de nouvelles craintes de fermeture. Celles-ci finissent par devenir une réalité, jusqu’à l’arrêt définitif des chaînes de montage en 2020. Il nous reste la colère retrace leur dernière année de combat, dressant le portrait d’un groupe emmené par Philippe Poutou.

Rire et passion

Bien moins grave, la séance du 14 décembre présente le classique des classiques de l’humour, La cité de la peur d’Alain Berbérian. C’est dans le cadre de « CINÉ POP », cycle de projections qui propose des films cultes au tarif ultra réduit de 4€ !

Pas moins classique, Le Mépris de Godard était projeté hier soir, en partenariat avec le Cercle des Amis du Cinéma pour rendre hommage au réalisateur.

Ça nous fait penser qu’en plus de cette programmation spéciale, le Rio projette aussi de nombreux films d’actualité que vous pouvez retrouver sur le site internet du cinéma ou sur leurs brochures. Sans oublier Ciné Pitchounes pendant les vacances pour les petits et les grands enfants ! Au programme : ciné-bruitages, ciné-atelier, ciné-goûter, ciné-famille, spectacles…

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