Lettre ouverte à Clermont Non Conforme

Alors que nous enquêtons sur les responsabilités des membres de Clermont Non Conforme, sur l'affaire de Quentin D, et des hommages qui ont suivi, nous avons décidé hier de prévenir nos lecteurs de la déprogrammation de 2 de nos articles car de nouvelles vidéos nous parviennent et nous sommes obligés de prendre le temps de tout vérifier. Mais CNC a décidé de se moquer de nous dans sa story. On a décidé d'écrire à ses membres !

Ca fait 10 ans maintenant qu’on se croise. Vous, le groupuscule néofasciste, passé par différents noms et collectifs, et moi, la journaliste qui informe sur vos faits. D’abord, on s’est connus avec le Bastion Social. Vous m’avez détestée tout de suite, j’avais trouvé votre planque avant même qu’elle n’ouvre. Et j’étais là, à chacune de vos audiences.

Parce que, quand même, là où on se croise le plus souvent, c’est au tribunal. Vous y êtes jugés, j’y suis journaliste. Je me souviens d’une des dernières fois, où Tristan, encore toi, tu m’a vue et a demandé à ton avocat de taire ta vraie adresse parce que « Mediacoop était là. » On se croise aussi parfois dans les rues, où vous arrivez pour manifester contre un lieu d’hébergement pour mineurs isolés. Sans honte, vous me mettez la pression, devant les yeux de la police. Vous m’insultez, vous me fixez du regard, et vous prenez en photo ma plaque d’immatriculation.

Mais, dans votre dernière story, vous insinuez que je suis fan de vous. Je vais vous décevoir les gars. Vous n’êtes pas mon style. Je n’ai jamais été fan de ce genre de mecs, (c’est un milieu viriliste…), à taper des innocents. Vous vous souvenez en 2016, le Bastion Social, et ces 3 gars qui passent rue de la Treille, tombent sur vous et se font cogner, au point que, toi Tristan tu écoperas de 3 ans de prison. 2 de tes « camarades » s’en sortiront mieux, ils ont la chance de ne pas être récidivistes, eux. D’ailleurs, l’un d’eux s’est rangé. Pour lui, vous êtes une erreur de jeunesse. Oui, vous êtes une erreur de système. De notre système. Ca a déraillé quelque part, dans vos vies, vos têtes, vos coeurs, au point que vous êtes capables de vous faire tatouer des symboles nazis. Certains diront que vous êtes fous, d’autres perdus. Peu importe, vous portez en vous l’idée que le fascisme doit être de retour, et vous tapez sur tout ce qui ne vous ressemble pas : Homos, arabes, antifas.

Vous vous trompez parfois, les gars. Le mauvais mec. Ludovic Faure, votre pote, là encore j’étais là, à son procès. Rasé de près, tatouages cachés, tout gentil blondinet. Il a mis des patates à un gars qui buvait une bière au Brin de Zinc, sans rien demander. Un mec inconnu. Comme ça, parce qu’il ressemblait à un antifa.

Ben, vous voyez moi, quand je ne suis pas sûre de mon coup, je rectifie, et j’assume. D’où la valeur du post d’hier. Je n’ai pas bien de respect pour vous, mais j’en ai pour la vérité et surtout nos lecteurs. Vous n’êtes pas à un mensonge près. Moi, même vous concernant, je veux rester juste. Même quand un confrère de La Montagne raconte n’importe quoi, sur le dernière procès en date de Tristan Arnaud, je rectifie et je dénonce le manque de professionnalisme du journaliste qui se trompe sur les faits reprochés. Parce que oui, Tristan, tu es retourné devant le tribunal, cette fois pour avoir frappé l’ex de ta compagne de l’époque. Et toi, la vérité, tu n’y donnes pas bien d’intérêt. Vous êtes arrivés à plusieurs, en embuscade, dont certains masqués…Mais c’était une pure coïncidence…Bref, tu es retourné en prison. Et la meuf s’est barré…

Donc, je dois bien avouer que malgré votre petit message sympathique d’hier où vous semblez manier les jeux de mots, comme moi les aiguilles à tricoter, j’ai l’obligation de vous décevoir : Je ne serai jamais fan de vous.

Comment serai-je fan d’une bande de mecs dont l’un des leurs est mort, et se permettent de récupérer ce décès alors même que les parents vous conjurent de ne pas le faire ? Quelle valeur faut-il avoir pour manquer à ce point de respect à une famille endeuillée, qui se désolidarise de votre hommage où on y aperçoit des saluts nazis? Comment votre bande a-t-elle laissé se relever l’un des vôtres mais a préféré le faire marcher 2 kilomètres plutôt que l’emmener à l’hôpital comme vous le conseillent les passants, « parce qu’il ne faut pas que la police vous chope. »

Alors, membres de Clermont Non Conforme, vous pourrez continuer, quand vous me croisez, à tenter de m’intimider, vous pourrez continuer à me faire passer pour la journaliste de pacotille, ma présence vous embête tellement à ce point ? Mais, les gars, évidemment qu’avec un seul de vos coups de poing, je suis à terre. Je ne me bats pas moi, je n’intimide personne, je ne frappe pas. J’écris, j’enquête. Et je vois bien que je vous importune avec mes mots, les fichiers que je fais sur vous depuis 10 ans, les informations que je donne à qui de droit. J’ai bien compris que j’étais votre ennemie. Et j’en suis fière.

Vous êtes néo-fascistes. Vos idées sont effrayantes, vos entrainements physiques aussi. Vos corpulences, et certainement vos coups de poing. Et pourtant, moi, du haut de mon mètre 58 et de mes 50 kilos, je continue de dénoncer. Pas pour moi. Pas pour vous faire chier, pas de façon personnelle. Je le fais parce que j’ai des enfants, que ce monde est rempli d’enfants, et qu’ils ne veulent pas de ce monde de haine que vous proposez.

Mais, je le fais bien, je le fais en recoupant mes sources, en reconnaissant mes erreurs, et ça vous fait rire, tellement, vous n’avez aucune valeur, aucun pardon dans la bouche, aucun respect dans vos coeurs.

Je ne serai jamais de votre côté, et si le monde est divisé en deux, alors je suis évidemment parmi celles et ceux qui vous combattent. Et si être contre vous, c’est être antifasciste, alors je le suis. Tous les jours un peu plus.

Je regrette que vous ayez perdu un des vôtres. Parce que mourir à 23 ans est un drame. Et que contrairement à vous, j’ai du respect pour sa famille et les gens qui l’aimaient. Je le regrette aussi car cela a suffi à vous rendre victimes aux yeux de notre société. Là encore vous manquez sacrément de courage et de d’honnêteté. Vous provoquez la violence. Votre monde n’est que ça. Et vous utilisez la victime comme un martyr.

Tristan, encore toi, tu es vu sur la journée hommage, comme responsable du Service d’Ordre. J’ai même une vidéo de toi en train de parler gentiment à la police, comme un bon référent que tu es. Cela ferait sourire si le moment n’était pas dramatique.

Vous pouvez continuer vos stories, autant que vous le souhaitez, vous pouvez continuer à m’intimider autant que vous le souhaitez, dans les rues, sur les réseaux ou dans les tribunaux. Je continuerai mon travail.

Nous ne serons jamais du même côté. Et je souhaite que, comme certains de vos camarades, vous vous rangiez un jour. Mais, je ne me fais guère d’illusion. Vous avez été formatés, et vous n’êtes rien sans la force du groupe, et sans la violence de vos idées. Vous avez choisi la haine, j’ai choisi l’amour. Vous avez choisi la violence, j’ai choisi les mots. Vous avez choisi la peur, j’ai choisi le dialogue. Vous avez choisi de réécrire l’histoire, de la grande à la plus petite, j’ai choisi la vérité.

Alors, désolée, les gars, mais, définitivement, vous n’êtes pas mon style…

PS: L’enquête avance bien…Vous vous êtes mis sacrément dans la merde, quand même…

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1 réflexion sur “Lettre ouverte à Clermont Non Conforme”

  1. Merci Mme Lebourg pour votre travail de documentation sur les actions délétères et criminelles des groupes fascistes en Auvergne et ailleurs. Merci pour votre courage.

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