Europavox : extinction de voix?

C’est un article à deux voix que l’on vous propose aujourd’hui. Pour Eloïse de Mediacoop, Europavox, c’était une première fois. Pour Antoine, l’événement fait partie de ses fondamentaux d’agenda. Ils font chacun leur retour sur le festival.

Il faut le dire, ça a très mal commencé. Alors que l’équipe demande une accréditation pour pouvoir réaliser cet article, on lui refuse. Les arguments sont d’ailleurs dignes de la censure. Notre média est inconnu au bataillon d’Europavox ! Pourtant, Mediacoop est un média reconnu sur la place clermontoise et les salariés d’Europavox sont aussi embauchés par la Coopé, salle de concert de la capitale auvergnate. Et pour le coup, on y traîne souvent nos guêtres. Un peu abasourdis par le premier mail, on apprend en plus que nous n’aurons pas d’accréditation car après vérification, notre site ne « mentionne pas le festival ». Effectivement, notre média n’est pas un publicitaire. On écrit souvent après avoir été à l’événement pour le raconter !

Nous nous posons la question de la légitimité de refuser un média à travailler, aussi critique soit-il. Et nous nous posons la question des suites à donner.

Petits et grands enfants

Pas grave, Elo décide d’aller au festival malgré tout et en famille. 4 billets, d’une valeur normalement de 45 euros ! Mais, maligne, elle en récupère des moins chers par le biais d’amis d’amis. Ouf, sinon, un peu chère la soirée.

Place du 1er mai, on connaît bien. Campement de migrants, rassemblements multiples, manifs. Cette fois, on y découvre un village festif. Ca fait du bien. Elo, du haut de ses 41 ans, fait partie des vieux, mais croise quand même quelques uns de ses copains âgés ! Sa fille de 14 ans salue ses potes de collège, prenant soin de s’éloigner de ses parents, manquerait plus qu’on pense qu’elle a besoin de ses vieux pour aller en concert. Après un petit tour à la buvette, ( le seul car ensuite il faudra plus d’une heure d’attente pour accéder au comptoir), la famille se rend face aux différentes scènes. Magnifiques découvertes, moments de danse et de rire, avant de se rendre sur la grande scène pour découvrir Oboy ou encore Vald. Les enfants veulent être tout devant. Alors, les parents, résignés mais aimants emboitent le pas. Les filles s’éclatent, le public aussi, malgré quelques malaises et interventions des pompiers. Il se fait tard, demain il n’y a pas école, mais trail.

Pourtant, il fait faim. Après quelques minutes d’attente devant un des multiples foodtruck, la famille dévore sans conviction des hot-dogs à 9 euros chacun. Impossible de les terminer tellement ils sont mauvais.

Les filles sont ravies, elles ont vu leurs rappeurs préférés et c’était leur première expérience de vrai festival. L ‘ambiance dans la foule était particulièrement bienveillante, surtout par rapport à Constance qui n’a que 10 ans. Les artistes ont fait le job. On a chanté à tue-tête, et dandiné sans trop avoir le style des plus jeunes.

C’est à refaire évidemment, en famille. Mais, il faudra continuer à trouver des places moins chères et brandir sa carte de presse et la liberté d’informer !

Des prix qui grimpent

Après une première journée de festivités, on franchit à nouveau les portes d’Europavox. Nous sommes samedi, 18 heures. Le soleil donne lui aussi son plus beau concert et la température n’a cessé de grimper tout au long de l’après-midi. Cette fois, Mediacoop envoie ses habitués. On a fait 2014, 2015, 2016, 2018.

Place à 2022. La programmation, comme chaque année, est éclectique, traverse les âges et mélange les émotions. Jungle, l’excellent collectif britannique roi du funk. Clara Luciani, musicienne de génie, Laylow, rappeur pépite de ces dernières et Vladimir Cauchemar, prince des ténèbres de l’électro. Mais voilà… Cette année, on peine quand même à retrouver l’ambiance habituelle, bouillante, galvanisante. Les artistes ont pourtant été bons. Vladimir Cauchemar, une fois la nuit tombée, a mis le feu. Mais pour le reste de la journée, on a senti l’atmosphère un peu sur la retenue, les pogos moins engagés.

Un autre « détail » nous a un peu chiffonnés. On n’est pas les seuls à l’avoir remarqué. Le prix du festival a fortement augmenté. En 2018, alors que l’événement se réinvente et devient extérieur, le billet journée est à 38€. Le « Week-end » est à 62€. Le pass festival à 85€. En 2019, les prix sont quasiment les mêmes. Deux années de Covid sont passées par là, d’accord. Mais en 2022, les billets se vendent à 45€, 72€ et 99€. En moyenne, chaque billet a augmenté de 10,33€. Pas vraiment anecdotique pour un.e étudiant.e, pour une personne aux faibles revenus ou pour une famille qui souhaite venir à plusieurs. Europavox doit impérativement veiller à rester un événement culturel accessible et, par la même occasion, ouvrir ses portes, de façon générale et plus particulièrement, aux médias…pas pareils.

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